Football: Joueurs vedettes engagés grâce au chômage
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FootballJoueurs vedettes engagés grâce au chômage

Selon une enquête du «Sonntagsblick», les Offices de l'emploi sont devenus partie intégrante du financement de certains clubs de Challenge League. Une situation à la limite de la légalité.

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arg

De nombreux clubs ont recours à un «truc» leur permettant de s'offrir les services d'ex-joueurs vedettes de Super League. Ces derniers sont officiellement recrutés à mi-temps et dirigés vers l'Office de l'emploi pour toucher la différence entre leur salaire et ce qu'ils recevaient au sein de leur ancienne équipe. Le journal dominical cite l'exemple d'un footballeur évoluant dans un club tessinois. Son salaire de 5000 francs par mois est complété au-delà de l'indemnité maximale prévue par la loi. Total: 8000 fr, à titre d'«encouragement au retour en emploi», a expliqué au «Sonntagsblick» le joueur, qui a préféré conserver l'anonymat.

Il n'est pas un cas isolé. L'entraîneur de Chiasso, Livio Bordoli, estime que sans ces allocations chômage, «les clubs dotés d'un petit budget n'auraient aucune chance». Il avoue que trois de ses joueurs ont été ainsi engagés. Leader du classement, Aarau reconnaît également avoir un joueur dans cette situation. «Les footballeurs aussi ont le droit de pointer», résume le président du club, Alfred Schmid.

Tromperie

Ces agissements font tiquer le chef de l'Office de l'emploi et de l'économie argovien, Thomas Buchmann: «Ça peut fonctionner dans des cas exceptionnels,. Mais ce serait une tromperie.» De fait, le joueur ainsi «subventionné» doit être en mesure de quitter son job immédiatement pour un engagement à plein temps et il est aussi tenu de chercher un emploi complémentaire. Des conditions difficiles à remplir dans le cas d'un footballeur.

Le succès de ce «truc» n'est pas automatique – ce qui a le don d'agacer les dirigeants de certaines équipes. Ainsi, un joueur que voulait embaucher le FC Bienne s'est vu refuser les indemnités par son canton de résidence, Neuchâtel. Pour le club du Seeland, le soutien à géométrie variable des caisses de chômage «fausse la concurrence».

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