Etats-Unis: «Jour de colère» contre les violences policières
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Etats-Unis«Jour de colère» contre les violences policières

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Washington, New York et Boston pour dénoncer la mort ces derniers mois de Noirs non armés tués par des agents blancs.

«Il ne suffit pas de parler, il faut des mesures législatives qui changeront les choses à la fois dans les textes et sur le terrain», a déclaré le leader des droits civiques Al Sharpton, dont l'organisation National Action Alliance a conduit la manifestation de Washington.

«Ce n'est pas une marche des Noirs contre les Blancs (...) C'est une marche américaine pour les droits des citoyens américains», a-t-il ajouté.

Procureurs en plein conflit d'intérêt

M. Sharpton a notamment demandé au Congrès d'adopter une loi qui permette aux procureurs fédéraux d'être saisis d'affaires impliquant des policiers. Pour lui, les procureurs locaux sont en plein conflit d'intérêt puisqu'ils collaborent régulièrement avec les policiers et qu'ils doivent ensuite parfois enquêter sur les mêmes policiers.

«Nous demandons au Congrès d'adopter une loi contre le profilage racial (...) Nous sommes là aujourd'hui, nous serons là demain, nous resterons jusqu'à ce que le travail soit fait», a renchéri Laura Murphy, de l'Association de défense des libertés individuelles ACLU.

Des milliers de manifestants se sont réunis Freedom Plaza, à quelques centaines de mètres de la Maison Blanche, et se sont ébranlés à midi (18h00 suisses) sur Pennsylvania Avenue en direction du Capitole, le bâtiment du Congrès.

Le spectre du racisme ressurgit

Dans le cortège se trouvaient des membres des familles d'Eric Garner et d'Akai Gurley, qui ont été tués par des policiers new-yorkais, de Trayvon Martin, abattu par un vigile en 2012 en Floride, ainsi que de Michael Brown, tué en août par un agent à Ferguson (Missouri). La ère de Tamir Rice, un enfant de douze ans tué le mois dernier par un policier à Cleveland, était également présente.

Ces morts ont réveillé le spectre du racisme aux Etats-Unis et de nombreuses manifestations de protestation ont déjà eu lieu ces dernières semaines à travers le pays pour demander que les choses changent.

A New York, la marche devait partir à 14h00 (20h00 suisses) de Washington Square, dans Greenwich Village, se diriger vers le nord puis bifurquer en direction du quartier général de la police dans Lower Manhattan. Les organisateurs attendent entre 40'000 et 50'000 personnes.

Défilé pacifique

Dans la capitale américaine les manifestants, souvent jeunes, déterminés, combatifs et parfois venus de très loin, scandaient «No justice, no peace» («Pas de justice, pas de paix»). Les manifestants, assez remontés, ont défilé pacifiquement.

Leurs banderoles proclamaient : «Nous marchons pour mettre fin au profilage racial», «Le racisme est la maladie. La révolution est la solution», «Arrêtez les policiers tueurs», «Ne tirez pas, je suis blanc», «Les vies des Noirs comptent», ou encore «Je ne peux pas respirer» («I can't breathe»), reprenant les derniers mots d'Eric Garner.

Prudence d'Obama

Une pancarte tenue par une femme noire s'adressait directement à Barack Obama : «Président Obama, profitez de ce moment pour agir, les ancêtres regardent».

Le premier président noir des Etats-Unis avance prudemment sur ce sujet: il appelle au respect des décisions de justice tout en assurant comprendre la colère de ceux qui ont le sentiment, à juste titre souligne-t-il, que la couleur de leur peau a un impact sur la façon dont la loi est appliquée. (ats)

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