Actualisé 17.05.2017 à 05:50

France

Jour J pour le premier gouvernement de Macron

La quinzaine de ministres qui va composer le premier gouvernement d'Emmanuel Macron sera présentée mercredi.

Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre français, sera à la tête d'un gouvernement «de droite et de gauche», comme l'a voulu le président Macron. (Mardi 16 mai 2017)

Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre français, sera à la tête d'un gouvernement «de droite et de gauche», comme l'a voulu le président Macron. (Mardi 16 mai 2017)

AFP

Le premier gouvernement d'Emmanuel Macron sera présenté mercredi, une équipe que le nouveau président français veut irréprochable, paritaire, ouverte à la société civile et surtout «de droite et de gauche», une rupture politique en France.

La nomination de la quinzaine de ministres a été retardée de 24 heures, afin de vérifier la situation fiscale de chacun et l'absence de conflits d'intérêt. L'équipe sera dévoilée à 15H00 (13H00 GMT), après un déjeuner de Emmanuel Macron avec le président du Conseil européen Donald Tusk.

Le contrôle des ministres est réalisé par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) créée après l'affaire Jérôme Cahuzac, ce ministre du Budget de l'ex-président socialiste François Hollande (2012-2017) poussé à la démission après avoir avoué détenir un compte caché à l'étranger. Cette nouvelle surveillance avait entraîné en septembre 2014 la démission du secrétaire d'Etat Thomas Thévenoud quelques jours après sa nomination, pour cause d'arriérés fiscaux.

La présidence Macron demande donc une vérification avant nomination et exige des déclarations d'intérêt remontant plus loin que les cinq ans prévus par la loi. Leur profil approuvé, les nouveaux ministres «s'engageront à exercer leur fonction gouvernementale de manière irréprochable», selon l'Elysée, alors que 75% des Français pensent qu'élus et dirigeants politiques sont plutôt corrompus, selon un récent sondage. «Interdiction du népotisme»

En écho, le premier Conseil des ministres du quinquennat Macron a été reporté à jeudi matin. Parmi ses premiers chantiers devrait figurer un projet de loi de moralisation de la vie publique, avec une «interdiction du népotisme pour les parlementaires», référence claire au scandale qui a entraîné la défaite du conservateur François Fillon à la présidentielle, après des soupçons d'emplois fictifs au profit de sa famille.

Emmanuel Macron veut aussi réaliser une rupture politique, avec un gouvernement rassemblant des responsables venus de la droite et de la gauche, pivot de sa doctrine politique. Le président centriste a ainsi lundi un Premier ministre du parti Les Républicains (LR, droite), Edouard Philippe, semant la zizanie à droite sur le soutien ou non à ce gouvernement inclassable.

Objectif pour les législatives des 11 et 18 juin: obtenir au Parlement «une large majorité présidentielle, base de l'action du futur du gouvernement», et «marginaliser les oppositions des anciens partis de gouvernement en dessinant un arc de soutien allant des progressistes de l'ancien Parti socialiste (PS) au centre droite», considère le politologue français Olivier Ihl.

Depuis lundi, une centaine d'élus de la droite et du centre ont signé un appel à «répondre à la main tendue» par le nouveau président, élu sur un programme autoproclamé «de droite et de gauche».

La gauche affaiblie

En riposte, LR prépare un contre-appel qui sera soumis aux 577 candidats de la droite et du centre aux législatives. «Il faut choisir: c'est soit le gouvernement, soit LR», a lancé le vice-président de LR Laurent Wauquiez.

A gauche, le PS, après une défaite sans précédent au premier tour de la présidentielle, est si affaibli que le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon ne cache pas son intention de le vampiriser.

Des socialistes ralliés dès la première heure à Emmanuel Macron pourraient entrer au gouvernement. Le nom de Jean-Yves Le Drian, déjà ministre de la Défense de François Hollande, circule. François Bayrou, chef du parti centriste MoDem, précieux appui pour l'élection de Emmanuel Macron, est également sur les rangs.

Et les femmes?

Le plus jeune président français a par ailleurs promis une ouverture à la société civile. Il chercherait à convaincre Nicolas Hulot, figure respectée de l'écologie, d'accepter un «ministère de la Transition écologique».

Et les femmes? S'il a promis la parité, Emmanuel Macron a mené campagne avec un premier cercle très masculin. Il pourrait choisir de propulser de jeunes espoirs issus du monde de l'entreprise, comme Astrid Panosyan, passée par la direction d'un groupe immobilier.

Le chef de l'Etat a entamé son quinquennat lundi à Berlin en rencontrant la chancelière Angela Merkel, qui s'est montrée ouverte à son idée de changer les traités européens pour réformer l'Europe. Mardi soir, il a reçu le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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