«Truth - Le prix de la vérité»: Journaliste d'investigation sur le banc des accusés
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«Truth - Le prix de la vérité»Journaliste d'investigation sur le banc des accusés

Pour son premier film comme réalisateur, le scénariste James
Vanderbilt s'est inspiré d'une histoire vraie.

par
Catherine Magnin

Il y a six semaines sortait «Spotlight», illustration d'un journalisme d'investigation triomphant, apte à éveiller des vocations. A l'affiche dès aujourd'hui, «Truth» en est le prolongement. Le film de James Vanderbilt commence de la même façon: une équipe de reporters de l'émission télé «60 Minutes» enquête, en 2004, sur le passé militaire de George Bush, alors en pleine campagne pour sa réélection.

On se dit d'abord que le récit est un peu expéditif, l'enquête aboutissant avant le milieu du film. En réalité, c'est là que tout commence. Les preuves rassemblées par Mary Mapes (Cate Blanchett) et son équipe sont contestées, et leurs méthodes journalistiques remises en cause. Les pressions médiatiques et politiques se font de plus en plus insistantes. Et c'est finalement une véritable opération de laminage que met en scène «Truth».

A la fin du film, le spectateur est libre d'estimer si Mary et son équipe ont fait correctement leur boulot, si leurs arguments sont acceptables, si l'information délivrée est valable. Et si la commission chargée de le juger est aussi impartiale qu'elle le prétend.

N'empêche. Le journalisme d'investigation en a pris un coup. C'est le constat que tire le mentor de Mary Mapes, Dan Rather, au risque de passer pour un ringard. Sa tirade est d'autant plus amère qu'elle est placée dans la bouche de ­Robert Redford qui, dans «Les hommes du président», incarna Bob Woodward, l'un des journalistes qui révéla le scandale du Watergate...

«Truth - Le prix de la vérité»

De James Vanderbilt. Avec Cate Blanchett, Robert Redford.

Sortie le 6 avril 2016.

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