Côte d'Ivoire: Journalistes arrêtés pour «fausses informations»
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Côte d'IvoireJournalistes arrêtés pour «fausses informations»

Accusés d'avoir encouragé la révolte de soldats, six journalistes ont été arrêtés à Abidjan.

Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro (centre).

Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro (centre).

AFP

Six journalistes ivoiriens, dont trois patrons de presse, ont été interpellés et incarcérés dimanche dans un camp de gendarmerie d'Abidjan pour «divulgations de fausses informations», ont annoncé leur rédaction et le procureur. Cette mesure fait suite à une récente mutinerie de soldat.

«Relativement aux récents mouvements d'humeur des militaires (...) il nous est donné de constater que certains organes de presse divulguent de fausses informations de nature à inciter les soldats à la révolte», déclare un communiqué du procureur de la république lu à la télévision nationale.

«Ces agissements tombent sur le coup de la loi qui réprime l'incitation des militaires à l'insoumission et à la rébellion, les atteintes à l'autorité de l'Etat et la publication d'informations fausses se rapportant au secret de la défense et de la sûreté de l'Etat» poursuit le texte.

«Excuses aux autorités»

Les soldats des forces spéciales ivoiriennes, qui s'étaient mutinés mardi dans leur base d'Adiaké, à 90 km à l'est d'Abidjan, pour réclamer des primes, avaient mis fin à leur mouvement jeudi.

«Nous nous sommes parlé entre soldats. Ils ont compris et regrettent de s'être laissé emporter. Ils ont présenté leurs excuses aux autorités (...)», a affirmé un haut gradé de l'armée ayant requis l'anonymat.

Les forces spéciales sont une unité d'élite de l'armée directement impliquées dans la sécurité proche du président ivoirien Alassane Ouattara.

Début janvier, la Côte d'Ivoire avait été secouée par une mutinerie d'anciens rebelles intégrés dans l'armée, qui avaient paralysé plusieurs villes pour réclamer le paiement de primes.

En répondant à leurs revendications, via le versement de primes à 8500 de ces membres de l'ex-rébellion ivoirienne ayant contrôlé le nord du pays entre 2002 et 2011, les autorités avaient provoqué la colère de militaires et de gendarmes non concernés par cet accord financier, qui s'étaient à leur tour mutinés. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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