Actualisé 22.01.2015 à 07:53

Politique monétaire

Journée cruciale pour la zone euro et la Suisse

La Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer jeudi des rachats massifs d'actifs. La BNS introduit l'une des mesures qui devraient contrer les effets de l'abolition du taux plancher.

La Banque centrale européenne (BCE), dont on voit ici les locaux à Francfort (All), est déterminée à contrer le risque de déflation et à stimuler l'économie de la zone euro.

La Banque centrale européenne (BCE), dont on voit ici les locaux à Francfort (All), est déterminée à contrer le risque de déflation et à stimuler l'économie de la zone euro.

Le programme d'«assouplissement quantitatif» de la Banque centrale européenne (BCE), ou «QE» selon son acronyme anglo-saxon, a déjà été utilisé par les banques centrales du Japon, d'Angleterre et par la Réserve fédérale américaine (Fed). Il vise à peser sur les taux d'intérêt, pour stimuler le crédit, et injecter de l'argent dans le circuit économique.

De l'avis des spécialistes, le QE à l'européenne, objet de spéculations depuis des mois, est désormais une affaire entendue. Certains, en Allemagne notamment, auraient toutefois préféré que le conseil des gouverneurs attende de voir les effets sur la conjoncture et les prix la baisse vertigineuse du prix du pétrole. Mais la majorité des observateurs misent sur une décision dès jeudi.

En plus des obligations souveraines, l'offensive monétaire devrait inclure des obligations d'entreprises. Les mesures déjà adoptées jusqu'ici - taux au plus bas, prêts géants aux banques européennes, rachats de certains actifs financiers - n'ont pas suffi à faire repartir la dynamique des prix.

Effets positifs

Cette offensive monétaire inédite est tellement anticipée par les marchés qu'elle a déjà eu des effets positifs. Le cours de l'euro par rapport aux autres grandes monnaies a énormément baissé, synonyme de coup de pouce aux exportations européennes. Même chose pour les taux d'intérêt sur les obligations émises par les Etats de l'union monétaire, tandis que les Bourses ont grimpé en flèche.

La BCE ne compte en revanche pas abaisser une nouvelle fois son principal taux directeur actuellement à 0,05%, son plus bas niveau historique.

BNS attentive

La décision de la BCE sera suivie avec attention par les experts de la Banque nationale suisse. Elle interviendra alors que l'institut d'émission helvétique durcit sa politique.

Il y a une semaine tout juste, la Banque nationale suisse (BNS) a aboli le cours plancher de 1,20 franc pour un euro. Afin que cette mesure n«entraîne pas de durcissement inopportun des conditions monétaires, l'institut d'émission a décidé d'abaisser dès ce jeudi d'un demi-point le taux d'intérêt appliqué aux avoirs en comptes de virement dépassant un certain montant exonéré, à -0,75% .

Pour mémoire, il avait initialement prévu le mois passé de fixer ce dernier à -0,25%. (ats)

L'euro se stabilise à un franc

L'euro semblait devoir se stabiliser autour de la parité contre le franc suisse jeudi sur le marché des changes, dans l'attente d'importantes décisions de la Banque centrale européenne (BCE) en début d'après-midi. Vers 8h30, la monnaie unique valait 99,58 centimes, soit un centime de moins environ que la veille à la même heure. Au cours des dernières heures, l'euro a évolué dans un corridor compris entre 1,0030 franc et 99,50 centimes, après avoir tenu une bonne partie de la journée de mercredi au-dessus de la parité. Le dollar pour sa part se situait sous les 86 centimes, à 85,99 centimes précisément. Le niveau n'a aussi que peu varié au cours des dernières heures.

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