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JO de TokyoJournée de folie au stade olympique de Tokyo

En athlétisme, l’Italie a connu la joie avec de l’or sur 100 m et en saut en hauteur, alors que la Vénézuélienne Yulimar Rojas a battu le record du monde du triple saut.

Lamont Marcell Jacobs (à g.), vainqueur du 100 m, fait la fête avec Gianmarco Tamberi, gagnant de la hauteur.

Lamont Marcell Jacobs (à g.), vainqueur du 100 m, fait la fête avec Gianmarco Tamberi, gagnant de la hauteur.

AFP

La journée de dimanche dans le stade olympique de Tokyo a réservé bien des surprises. Il y a eu ce 100 m, qui a sacré l’inattendu italien Lamont Marcell Jacobs, juste après l’or de son compatriote Gianmarco Tamberi en hauteur et le record du monde du triple saut de la Vénézuélienne Yulimar Rojas.

En 9’’80, nouveau record d’Europe, Jacobs (26 ans) a devancé l’Américain Fred Kerley, adepte du tour de piste qui n’avait jamais couru de 100 m de haut niveau avant cette année, et le Canadien Andre de Grasse, qui retrouve le bronze comme à Rio.

Pas de mimiques au départ, pas de record à sauter du canapé, pas de flèche invisible plantée dans le ciel de Tokyo à l’arrivée. Le 100 m olympique et avec lui tout l’athlétisme a définitivement tourné la page Usain Bolt dimanche soir.

La ligne droite a perdu une légende et un certain sens du show, mais elle a gagné en suspense! Dans la moiteur du stade olympique (environ 27 degrés et 74% d’humidité), les hommes les plus rapides du monde ont fait parcourir le délicieux frisson de l’incertitude toute la soirée.

Favoris absents

Le «teasing» était déjà de qualité après les demi-finales en début de session: le favori américain annoncé Trayvon Bromell a été laissé à la porte, comme le vice-champion olympique 2012 Yohan Blake, privant la Jamaïque de finale pour la première fois depuis Sydney en 2000, comme un symbole.

La pression était telle qu’elle a fait exploser le Britannique Zharnel Hugues, auteur d’un grossier faux départ en finale.

Solide du début à la fin de sa course, c’est bien Jacobs qui s’est détaché petit à petit de la meute, pour tendre ses gros bras musclés et tatoués sur la ligne.

23 centièmes en un an

Il était impossible de prédire le sacre d’un coureur qui n’était jamais passé sous les 10 secondes avant cette saison, qui ne comptait aucune finale internationale dans sa carrière, aucun podium de renom en plein air, même européen, et qui a retranché 23 centièmes de seconde à son meilleur chrono en quelques mois.

Jacobs s’est révélé en 2021 en devenant champion d’Europe en salle du 60 m cet hiver à Torun (Pologne), avant de tout casser cet été: 9’’95 en mai puis 9’’84 en demi-finale dimanche, avant la gloire en fin de soirée.

La ligne droite, privatisée par Bolt en 2008, 2012 et 2016, a donc sacré un quasi inconnu qu’il est difficile de désigner comme le successeur du Jamaïcain.

Deux amis en hauteur

L’Italie a connu une soirée magnifique avec le titre quelques minutes auparavant du fantasque sauteur en hauteur Gianmarco Tamberi, partagé avec le qatari Mutaz Essa Barshim.

Tamberi et Barshim, deux amis, avaient le choix entre partir dans une sorte de play-off pour désigner un vainqueur unique ou partager l’or, ils ont opté pour la deuxième option, se tombant dans les bras devant le sautoir. Tous les deux sont revenus de graves blessures aux chevilles.

La joie de Mutaz Essa Barshim et Gianmarco Tamberi.

La joie de Mutaz Essa Barshim et Gianmarco Tamberi.

AFP

Le Qatari, double champion du monde en titre, décroche un troisième podium olympique consécutif à 30 ans, après l’argent en 2012 et 2016. Tamberi remporte, lui, à 29 ans son premier titre international en plein air (il était champion du monde en salle en 2016).

Quel record

Le cardio venait tout juste de monter à bloc avec l’éblouissant record du monde du triple saut pour Yulimar Rojas à 15,67 m, mieux que les 15,50 m de l’Ukrainienne Inessa Kravets en 1995. Comme elle sait aussi faire le spectacle, elle avait réservé cette petite folie pour son sixième et dernier essai, déjà assurée du titre, le premier aux JO tous sports confondus pour une Vénézuélienne.

Et ce record, elle l’avait promis. Ambitieuse et déterminée, Yulimar Rojas a tenu sa parole. Cela faisait des mois que l’athlète aux jambes interminables martelait que la performance réussie en 1995 par Inessa Kravets (15,50 m) était à sa portée. Elle a finalement choisi le plus bel écrin, en finale des JO, pour parvenir à ses fins et entrer définitivement dans l’histoire de sa discipline.

Ce condensé d’émotions brutes a favorisé une belle ambiance, malgré l’absence de public, grâce à quelques dizaines de participants aux Jeux venus soutenir leurs coéquipiers.

(AFP)

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