Conseil national: Journée de ski obligatoire pour les élèves?

Actualisé

Conseil nationalJournée de ski obligatoire pour les élèves?

Le Conseil fédéral devrait subventionner une journée de sports d'hiver obligatoire par an pour les élèves du niveau secondaire.

Le National a préféré cette idée au projet de centres fédéraux de sports des neiges défendu par le Conseil fédéral et accepté jeudi par 89 voix contre 87 et 15 abstentions par une motion en ce sens.

Selon la majorité, les cantons devraient prévoir dans leurs plans d'étude au moins un jour obligatoire de sports d'hiver par an. Ceux qui franchiraient le pas bénéficieraient de subventions de la Confédération.

Le motionnaire Matthias Aebischer (PS/BE) a admis que l'école est du ressort des cantons, qu'on n'apprend pas à skier en une journée et que sa proposition est un peu populiste. Mais les sports de neige sont devenus hors de prix pour de nombreuses familles. Un concours financier de la Confédération permettrait aux jeunes de faire connaissance avec la montagne, la neige et les sports d'hiver.

Une semaine à bon prix

Le ministre des Sports Ueli Maurer soutient l'idée de rendre ces activités plus populaires auprès d'un jeune public. Le gouvernement envisage donc d'implanter un ou plusieurs centres de sports de neige en Suisse qui accueilleraient les jeunes durant une semaine pour un prix modique.

Les cantons sont demandeurs. Deux ou trois sites seraient envisageables pour que le plus grand nombre de jeunes possibles en profitent, a-t-il argumenté. La majorité a préféré se rallier à la motion.

Sport de masse

Dans la foulée, le National a accepté par 169 voix contre 5 une motion de sa commission de l'éducation exigeant un projet concret pour soutenir le sport de masse, la relève sportive et le sport de haut niveau.

L'idée est née après le «non» du peuple grison en mars dernier au projet de Jeux olympiques d'hiver en 2022. Ceux qui se sont opposés à cette candidature n'ont pas contesté l'utilité de la pratique d'un exercice physique; ils ont critiqué le projet et ses effets écologiques, a relevé Jürg Stahl (UDC/ZH), au nom de la commission.

Pour la majorité, toutes les idées élaborées durant les trois années de préparation de la candidature suisse pour créer une dynamique en faveur de l'exercice physique et des infrastructures dans l'ensemble du pays ne doivent pas rester lettre morte.

La nouvelle loi sur l'encouragement du sport permet déjà de soutenir de manière ciblée des projets de promotion du sport de masse, de la relève sportive et du sport de haut niveau, a relevé Ueli Maurer. Un cadre général tel que réclamé par la motion n'est donc pas nécessaire et certaines associations sportives risqueraient même de s'y opposer.

De plus, le Conseil fédéral devrait adopter au printemps prochain un «concept» concernant les sports de compétition. Il est plus judicieux d'attendre l'avis des cantons, a souligné le ministre des Sports, sans succès.

Le Conseil des Etats doit encore se prononcer sur ces deux motions.

Pas d'examens médicaux

La Chambre du peuple ne souhaite en revanche pas que les athlètes non professionnels se soumettent à des examens médicaux pour pouvoir obtenir une licence sportive. Elle a enterré par 171 voix contre 10 un postulat de Pierre Rusconi (UDC/TI) qui demandait au Conseil fédéral d'introduire un certificat d'aptitude obligatoire, afin d'éviter des décès.

Cette intention est louable, a répondu Ueli Maurer. Mais il appartient aux associations sportives et non à la Confédération de définir les modalités d'éventuelles visites médicales. D'ailleurs, certaines fédérations en réclament déjà. Le conseiller fédéral en a aussi appelé à la responsabilité individuelle des jeunes et de leurs parents. (ats)

Ton opinion