Rejet du plan américain: Journée noire pour les Bourses asiatiques

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Rejet du plan américainJournée noire pour les Bourses asiatiques

La Chambre des représentants américains a encore attisé la crise financière mondiale lundi en rejetant le plan de sauvetage des banques. Rejet qui a provoqué un plongeon record de Wall Street, alors que les marchés d'Asie vivaient une journée noire mardi.

Contre toute attente, les représentants américains ont rejeté, par 228 voix contre et 205 pour, le plan du secrétaire au Trésor Henry Paulson qui prévoyait de débloquer 700 milliards de dollars afin d'éponger les créances douteuses accumulées par les banques dans l'immobilier.

Ce vote, inattendu au lendemain d'un accord entre l'administration et les principaux dirigeants du Congrès, a fait plonger la Bourse de New York, qui a perdu 6,71% en clôture, soit une perte jamais vue de près de 800 points.

«Aller de l'avant»

Les Bourses d'Asie-Pacifique subissaient à leur tour de lourdes pertes mardi. A la mi-séance, celle de Tokyo plongeait de 4,64% et celle de Sydney de 3,40%. A l'ouverture, Hong Kong dévissait de 5,59% et Taipei de 6,16%.

La suite du processus était incertaine. Le président George W. Bush, qui s'est dit «déçu» de la décision des députés, a annoncé qu'il allait travailler «avec les membres du Congrès et leurs chefs de file sur la manière de progresser», tout en prédisant que les parlementaires finiraient par adopter le plan.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a estimé que le rejet du plan «ne peut rester en l'état» et qu'il fallait «aller de l'avant».

«Nous devons travailler aussi vite que possible. Il faut que quelque chose soit fait», a déclaré M. Paulson. «L'enjeu est trop important pour que l'on se permette d'échouer», a-t-il ajouté. Un nouveau scrutin éventuel ne devait en tout état de cause pas intervenir avant jeudi, le Congrès étant théoriquement fermé mardi et mercredi pour cause de Nouvel an juif.

La liste des victimes s'allongent

La victoire du non est venue des propres troupes républicaines de l'administration, dans un Congrès à majorité démocrate: près de deux républicains sur trois ont rejeté le plan. L'intervention de l'Etat dans le secteur privé, sans précédent dans l'histoire américaine, était très critiquée dans les rangs républicains.

Après le sauvetage public ce week-end du groupe belgo- néerlandais Fortis, la liste des victimes de la pénurie de liquidités s'est allongée parmi les banques.

La quatrième banque américaine, Wachovia, a dû être rachetée dans l'urgence par Citigroup, sous l'égide des pouvoirs publics américains. Sa disparition vient s'ajouter à la faillite de Lehman Brothers, au rachat de Washington Mutual et de Merrill Lynch et au renflouement d'AIG.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a décidé de nationaliser la banque Bradford & Bingley et de céder ses meilleurs actifs au groupe espagnol Santander. Après Fortis, nationalisé par les Etats belge, néerlandais et luxembourgeois, c'est la banque franco-belge Dexia qui a focalisé l'attention. Son action a plongé de 28,50% à 7,20 euros à la Bourse de Paris.

Mandelson indigné

En Allemagne, Hypo Real Estate a échappé de justesse à la faillite grâce à une ligne de crédit de 35 milliards d'euros garantie pour l'essentiel par l'Etat.

De son côté, Peter Mandelson, commissaire européen au commerce, a dit son indignation: «J'ai le sentiment qu'ils (les députés) ont perdu le sens commun et j'espère que nous ne verrons pas en Europe les responsables politiques et les parlementaires reproduire le genre d'acte irresponsable et politiquement partial que nous avons vu à Washington», a-t-il déclaré au micro de la BBC.

Les indices boursiers ont également chuté lundi soir dans les autres pays américains et en Europe: lundi soir, toutes les bourses européennes avaient fortement glissé, avec un record à Dublin, qui dévissait de près de 13%. Zurich a perdu 4,63%.

Toute les bourses sud-américaines, excepté celle de Caracas, ont clôturé en forte baisse, avec un pic à Sao Paulo, la principale place financière de continent (chute de 9,36%). Au Canada, la Bourse de Toronto a clôturé en baisse de 840 points, soit près de 7%. Les prix du pétrole ont chuté de plus de dix dollars, le baril finissant à 96,37 dollars. (ap)

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