Actualisé 20.05.2014 à 19:28

Serbie et BosnieJours de deuil après les inondations

Serbie et Bosnie se recueillaient mardi, après les inondations qui ont coûté la vie à des dizaines de personnes.

La Serbie a entamé mardi trois jours de deuil national à la suite des inondations meurtrières, les pires depuis plus d'un siècle dans les Balkans. En Bosnie, le pays observait une journée de deuil. La région restait mobilisée face à des rivières toujours en crue et un risque d'épidémie.

Les intempéries et les glissements de terrain ont provoqué la mort d'une cinquantaine de personnes en Serbie, Bosnie et Croatie. Les autorités ont mis en garde contre un risque d'épidémie après une semaine d'inondations qui ont touché plus d'1,6 million de personnes.

Et le danger n'est toujours pas écarté. La Save représente désormais la principale menace depuis la Croatie voisine jusqu'à Belgrade, où elle se jette dans le Danube. Des milliers de volontaires ont surélevé douze kilomètres de digues avec des sacs de sable afin de protéger la capitale serbe.

Eaux contenues

A Obrenovac, l'une des villes serbes les plus touchées, les secouristes ont réussi à contenir les eaux autour de la centrale thermique Nikola Testa, qui produit 50% de l'électricité du pays. A la centrale électrique au charbon de Kostolac, à l'est de Belgrade, des volontaires et des employés tentaient de renforcer les défenses devant les risques d'inondation.

«Il nous faut des pompes, encore des pompes et toujours des pompes», a dit le ministre serbe de l'Energie, Slobodan Antic à la télévision. La situation était critique aussi à Sabac et à Sremska Mitrovica.

Plus de 80'000 hectares de terre agricoles étaient sous les eaux, selon le ministère serbe de l'Agriculture. Plus de 30'000 sinistrés ont été évacués des régions inondées, dont près de 13'600 d'Obrenovac.

Nouveau danger: les mines

Des cohortes de volontaires luttaient aussi dans le Nord-Est de la Bosnie pour renforcer les digues le long de la Save, notamment dans la région de Bijeljina. La ville d'Orasje était cernée par les eaux qui ont déjà envahi les villages alentours.

Sur l'ensemble des personnes concernées, plus de 100'000 ont été évacuées, le pire exode dans ce pays depuis la guerre intercommunautaire de 1992-1995.

Un nouveau danger est venu s'ajouter au calvaire des sinistrés: en raison des glissements de terrain, les autorités ont mis en garde contre de possibles déplacements de champs de mines antipersonnel datant de la guerre. Le nombre de mines est estimé à 120'000.

Des tonnes de cadavres d'animaux

Les conditions climatiques plus clémentes depuis le début de la semaine - le soleil brille et les températures atteignent au moins 22 degrés - ont permis aux autorités de commencer des travaux de nettoyage et de désinfection des régions touchées. Cette tâche revêt la plus haute importance pour éviter une «épidémie catastrophique», selon les autorités.

«Il faut tout de suite lancer les travaux de déblayage pour éviter les épidémies, nous aurons à gérer des tonnes et des tonnes de cadavres d'animaux», a averti mardi le Premier ministre serbe, Aleksandar Vucic.

Le ministre de la Santé, Zlatibor Loncar, a appelé a «agir promptement pour éviter une catastrophe encore plus grave, celle de maladies infectieuses».

Un demi-million de francs suisses

Les autorités bosnienne ont lancé un appel similaire. A Zenica (centre), un responsable sanitaire local a fait état de «cas d'entérocolite qui pourraient être le signal d'une épidémie» et exhorté la population à consommer uniquement de l'eau minérale.

La Bosnie a demandé à la communauté internationale de lui fournir des unités d'incinération mobiles qui lui font cruellement défaut.

Le week-end dernier, deux avions cargos russes Iliouchine-26 ont apporté en Serbie des vivres, des générateurs électriques et des embarcations de sauvetage. Des équipes sont arrivées de plusieurs pays de l'Union européenne, notamment de France, pour participer aux opérations de secours.

La Suisse a libéré un budget d«un demi-million de francs pour venir en aide aux personnes affectées, via notamment les organisations actives sur le terrain. Huit experts se rendront également dans les zones touchées. (ats/afp)

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