TikTok: «J’ouvre toujours l’app 40 fois par jour juste par habitude»
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TikTok«J’ouvre toujours l’app 40 fois par jour juste par habitude»

La fermeture de l’application de courtes vidéos en Inde a brisé des carrières et mis sur la paille des créateurs de contenu.

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Shivani Kapila alias LittleGloves mise désormais sur YouTube où elle doit reconquérir ses abonnés de TikTok.

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Le monde de stars indiennes TikTok s’est écroulé le 29 juin dernier. L’interdiction dans le pays de l’application chinoise de partage de courtes vidéos les a privées du jour au lendemain de leur gagne-pain. «J’ai été choqué, cela semblait presque irréel», raconte à Wired Prem Vats, 10 millions de suiveurs au compteur. Ne croyant pas ses yeux, l’influenceur de 23 ans a même contacté TikTok pour vérifier la nouvelle. Mais moins de 24 heures après l’annonce, l’application a cessé de fonctionner pour lui et tous ses collègues indiens. Shivani Kapila, également plus de 10 millions d’abonnés, était en larmes car elle ne pouvait plus accéder à l’application. Elle s’était fait connaître dans son quartier pour la fille qui réalise des vidéos TikTok. Désormais, elle a l’impression que ses deux dernières années «n’existent plus». «J’ouvre toujours l’application 40 fois par jour juste par habitude», explique Kapila, @littlegloves sur l’application chinoise. «TikTok m’a donné naissance, a fait de moi qui je suis.» En plein désarroi, elle ne sait pas comment se reconstruire et retrouver le même public et… payer ses factures.

Stars lancées par TikTok

Vats et Kapila font partie du 1,2 million de créateurs indiens qui se sont tournés vers TikTok pour s’exprimer, construire une communauté et remplir leur compte en banque. Dans un bon mois, Vats pouvait gagner jusqu’à 2700 dollars, 670 dollars pour un mauvais mois. Les influenceurs les plus «bankables» pouvaient espérer 5300 dollars pour la même période. Vats avait commencé en 2017 sur Musical.ly, le précurseur de TikTok. En 2018, il avait remporté un concours de création sur TikTok, le décidant à faire une carrière professionnelle sur l’application.

Dans les mois qui ont suivi son lancement en Inde, la société mère de TikTok, ByteDance, a dépensé près de 20 millions de dollars par mois pour payer des créateurs et ainsi populariser ce rival d’Instagram. Cela lui a permis de bâtir sur le territoire une base d’influenceurs de plus d’un million de personnes en moins de deux ans.
Sans alternative locale évidente, les créateurs se retrouvent avec Instagram et YouTube, ce qui pourrait ne pas fonctionner aussi bien car ni Facebook ni Google ne devraient offrir les mêmes incitations financières que ByteDance. Et les marques se montrent pour eux moins généreuses sur ces plates-formes pour le parrainage des publications.

Au tour des États-Unis?

Les États-Unis ont de leur côté salué la décision de l’Inde d’interdire les applications chinoises comme une décision qui pourrait «renforcer la souveraineté de l’Inde». Et le pays de Donald Trump se verrait bien lui aussi bannir TikTok pour ces mêmes motifs de souveraineté nationale.

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