Actualisé 01.02.2019 à 19:05

Venezuela

Juan Guaido appelle à manifester samedi

Le président autoproclamé réclame «des élections libres» à Nicolas Maduro. Il invite les Vénézuéliens à descendre dans la rue ce samedi.

Le Venezuela se préparait vendredi à une manifestation appelée pour samedi par le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido. Elle réclame «des élections libres» au président en titre Nicolas Maduro.

«Nous devons tous descendre dans les rues au Venezuela et dans le monde entier avec un objectif clair: accompagner l'ultimatum qu'ont donné les membres de l'Union européenne. Nous allons réaliser la plus grande marche du Venezuela et de l'histoire de notre continent», a déclaré jeudi soir M. Guaido, qui préside le Parlement dominé par l'opposition.

Celle-ci juge le second mandat de M. Maduro, entamé le 10 janvier, illégitime car issu d'élections frauduleuses.

M. Guaido, 35 ans, s'est autoproclamé «président en exercice» le 23 janvier et a appelé dimanche dernier à manifester notamment samedi, jour anniversaire des 20 ans de la «révolution bolivarienne», du nom du héros de l'indépendance Simon Bolivar. Cet anniversaire marque l'investiture, le 2 février 1999, du président socialiste Hugo Chavez (1999-2013), aujourd'hui décédé et dont se réclame Nicolas Maduro.

Reconnaissance de Washington

Washington, qui avait immédiatement reconnu avec plusieurs de ses alliés l'autorité de M. Guaido, a appelé jeudi l'UE à faire de même alors que le Parlement européen a reconnu l'opposant comme président par intérim.

Six pays de l'UE (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pays-Bas) ont donné à Nicolas Maduro jusqu'à dimanche pour convoquer des élections faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaido comme président.

Globalement, les 28 membres de l'UE ont menacé «de nouvelles mesures» si une élection présidentielle n'était pas convoquée «dans les prochains jours» au Venezuela. Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba, M. Maduro rejette l'ultimatum européen et accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat.

La tension grimpe

La tension grimpe à chaque appel à manifester. Une quarantaine de personnes ont été tuées et plus de 850 arrêtées selon l'ONU depuis le début des mobilisations le 21 janvier. En 2014 et 2017, deux vagues de protestations avaient fait quelque 200 morts.

M. Guaido a dénoncé jeudi des tentatives d'intimidation visant ses proches, disant tenir M. Maduro pour responsable. Il a également présenté son plan pour sortir le pays du naufrage économique et social.

«Ils ne vont pas m'intimider», a-t-il déclaré jeudi à la presse devant son domicile de Caracas, avec sa fille de 20 mois dans les bras et son épouse à ses côtés. Selon lui, des hommes qui s'étaient identifiés comme appartenant aux forces spéciales de la police (FAES) étaient venus devant chez lui en demandant où étaient son épouse Fabiana Rosales et la famille.

Le commandant de la police vénézuélienne Carlos Alfredo Pérez Ampueda a rejeté les propos de M. Guaido, tweetant: «c'est totalement faux».

«Nous n'allons pas tolérer qu'on fasse du mal à ceux qui luttent pour la liberté», a averti jeudi le vice-président américain Mike Pence dénonçant sur Twitter un acte d'«intimidation».

Besoin de 30 milliards de dollars

Juan Guaido a présenté jeudi son plan qui repose sur plusieurs axes: répondre à l'urgence humanitaire (santé, aliments), «freiner brusquement l'inflation», relancer l'industrie pétrolière et rétablir les services publics.

Washington a indiqué tenir prêts des aliments et des médicaments destinés au Venezuela pour un montant de 20 millions de dollars (19,8 millions de francs), mais Nicolas Maduro, qui attribue les pénuries aux sanctions américaines, estime qu'accepter l'aide humanitaire reviendrait à ouvrir la porte à une intervention militaire.

Le pays aux énormes ressources pétrolières, autrefois le plus riche d'Amérique latine, a sombré économiquement et ses habitants souffrent de graves pénuries de nourriture et de médicaments, ainsi que d'une inflation galopante, ce qui a contribué à faire chuter la popularité du dirigeant socialiste. Depuis 2015, quelque 2,3 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays.

L'économiste et député José Guerra, un des concepteurs du plan de Guaido, a précisé qu'une nouvelle politique d'échange de devises serait mise en place ainsi qu'une renégociation de la dette externe, évaluée à 150 milliards de dollars.

Un autre de ses conseillers économiques, José Toro Hardy, a estimé que le Venezuela aurait besoin dans un premier temps de quelque 30 milliards de dollars pour remonter la pente. (nxp/ats)

Guaido espère qu'il n'y aura pas d'intervention extérieure

Le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido a déclaré vendredi dans un entretien au journal argentin Clarin qu'il espérait que la crise politique dans son pays se résoudrait sans intervention militaire étrangère.

«Sincèrement, j'espère que ça n'arrivera jamais. Notre lutte démocratique et respectueuse de la Constitution est très difficile, mais nous la livrons sur le terrain, car nous y croyons et nous voulons éviter une issue violente», a-t-il affirmé, alors que des dirigeants vénézuéliens fidèles au président Nicolas Maduro suggèrent que les Etats-Unis envisagent une action militaire au Venezuela.

Juan Guaido a également lancé un nouvel appel à l'armée, qui a réaffirmé sa loyauté au régime en place. «Notre message aux militaires, hauts fonctionnaires, est très clair: nous ne voulons pas qu'ils soutiennent un parti politique ou un secteur. (...) Ni qu'ils se divisent, qu'ils s'affrontent ou orchestrent un coup d'Etat».

«Nous vous exhortons à respecter et faire respecter la constitution. Votre loyauté n'est pas envers un individu mais une nation qui leur a confié les armes pour la défendre», a ajouté l'opposant vénézuélien dans cet entretien. Juan Guaido, 35 ans, s'est autoproclamé «président en exercice» le 23 janvier. Il a appelé à une manifestation samedi afin de réclamer «des élections libres» au président en titre Nicolas Maduro.

(NewsXpress)

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