Actualisé 27.12.2013 à 22:24

Soudan du Sud

Juba a promis un cessez-le-feu

Les autorités sud-soudanaises se sont engagées à proclamer un cessez-le-feu, ont annoncé vendredi les médiateurs. Ils ont exhorté le chef de file des rebelles à faire de même.

Le conflit a poussé plus de 120'000 personnes à se déplacer.

Le conflit a poussé plus de 120'000 personnes à se déplacer.

Les chefs d'Etat de la région, réunis à Nairobi sous l'égide de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), ont invité les deux parties à entamer le dialogue avant le 31 décembre.

Le sommet de l'Igad est le dernier effort diplomatique en date de la communauté internationale (ONU, Etats-Unis, pays africains, Chine) pour tenter d'enrayer la crise sud-soudanaise. L'Igad avait déjà oeuvré à la conclusion de l'accord de paix entre la rébellion sudiste et Khartoum qui avait mis fin en 2005 à la guerre civile Nord-Sud et ouvert la voie à l'indépendance de Juba en juillet 2011.

Ville-clé

Dans le même temps, les forces gouvernementales sud-soudanaises et les rebelles revendiquaient chacun le contrôle de la ville-clé de Malakal. Cette localité du nord du pays est la capitale de l'Etat du Haut-Nil, riche en pétrole. Les forces gouvernementales fidèles au président Salva Kiir y affrontent les rebelles depuis lundi.

Malakal est sous le contrôle complet des forces loyales à l'ex-vice président Riek Machar», a affirmé Moses Ruai, un porte-parole de la rébellion, ajoutant que les forces gouvernementales en étaient parties jeudi soir.

Le ministre sud-soudanais de la Défense, Kuol Manyang Juuk, a rétorqué en parlant de «désinformation», affirmant au contraire que les rebelles s'étaient repliés et que Malakal était entièrement sous le contrôle des forces gouvernementales.

Le Soudan du Sud est frappé depuis le 15 décembre par d'intenses combats qui menacent de dégénérer en guerre civile. Au coeur de ce conflit, une rivalité entre le président Kiir et son ex-vice président, limogé en juillet.

Près de 122'000 déplacés

Le premier accuse le second de tentative de coup d'Etat. Riek Machar nie et reproche à Salva Kiir de simplement chercher à éliminer ses rivaux. Les forces rebelles ont cependant pris en quelques jours le contrôle de capitales régionales clés comme Bentiu, dans l'Etat pétrolier d'Unité, et Bor, dans celui du Jonglei, reprise par l'armée mardi.

Ce conflit utilise et exacerbe la dimension ethnique: les Dinka de Salva Kiir, contre les Nuer de Riek Machar. Depuis plusieurs jours, des informations émergent sur des violences entre communautés: meurtres, viols, massacre.

Ces violences ont poussé près de 122'000 personnes à quitter leur domicile, a indiqué vendredi à Genève le Bureau des Nations Unies de coordination de l'aide humanitaire (Ocha). Parmi ces déplacés, environ 63'000 ont trouvé refuge dans des bases de l'ONU, notamment à Juba, Bor, Malakal, Bentiu et Panang.

Rien qu'à Juba, la capitale, quelque 25'000 personnes ont quitté leur domicile, indique l'Ocha. L'ONU avait annoncé précédemment qu'au moins 90'000 personnes avaient été déplacées depuis une dizaine de jours. (ats)

Les premiers renforts de l'ONU sont arrivés

Les premières renforts de maintien de la paix sont arrivés vendredi au Soudan du Sud où les combats entre les rebelles et les forces du gouvernement ont fait plus de 1000 morts, a annoncé un porte-parole de l'ONU. Il s'agit d'un contingent de 72 policiers, venu de République démocratique du Congo. Ce contingent est arrivé trois jours après la décision du Conseil de sécurité de l'ONU d'autoriser l'envoi de 6000 Casques bleus supplémentaires et des moyens aériens pour protéger les civils.

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