Actualisé 07.07.2016 à 11:13

Appenzell Rhodes-ExtérieuresJugé pour avoir ébouillanté et nourri à la bière un bébé

Un homme a comparu lundi devant la justice appenzelloise pour maltraitances répétées sur l'enfant de sa compagne, en été 2015. Condamné à 32 mois de prison, il a fait recours.

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taw/ofu

«Pour l'heure, il est difficile de savoir quelles conséquences ces faits auront pour l'enfant. Mais ce type d'abus laisse toujours des traces.» Josef Laimbacher, médecin-chef du service pédiatrique de l'Hôpital pour enfants de Suisse orientale, revient sur le calvaire qu'a dû subir un bébé de 1 an en été 2015.

De juin à août de l'an dernier, le petit ami de sa mère lui a fait subir les pires atrocités. L'homme de 30 ans, qui a comparu lundi devant la justice appenzelloise, est accusé d'avoir maltraité le garçon à plusieurs reprises, rapportait mercredi le «St. Galler Tagblatt».

Des fissures derrière l'oreille

Selon l'acte d'accusation, il a violemment secoué le petit, l'a jeté par terre, giflé et battu avec une poêle en plastique. Et cela à maintes reprises. Pire encore: il l'aurait aussi ébouillanté et lui aurait fait manger de la nourriture très chaude. Le trentenaire est également accusé d'avoir tiré le bébé par les oreilles... à tel point qu'il a causé des fissures à l'arrière de ces dernières. Pour finir, il aurait rempli le biberon du garçon avec de la bière et lui aurait fait boire le breuvage.

Avant de maltraiter l'enfant, le prévenu avait à chaque fois pris soin d'enfermer durant plusieurs heures la maman du petit, alors âgée de 20 ans, dans la cuisine.

Un deuxième procès en vue

L'accusé a été condamné en procédure accélérée à 32 mois de prison ainsi qu'à une amende de 500 francs. Les juges ont également prévu un dédommagement de 20'000 francs pour le bébé et de 6838 francs pour la mère. La Cour a néanmoins décidé de commuer sa peine en mesure stationnaire. Une décision contre laquelle l'accusé s'est opposé. L'affaire se trouve donc à nouveau entre les mains du Ministère public d'Appenzell Rhodes-Extérieures.

Interrogé par nos confrères de «20 Minuten», Josef Laimbacher explique qu'un enfant de cet âge ne peut pas se souvenir en détail de ce qui lui est arrivé. Il note cependant: «Le bébé sait qu'il lui est arrivé quelque chose qui n'est pas correct. Mais il ne parvient pas à comprendre ce qui s'est passé. Les souvenirs sont liés à la langue. Or à un an, la langue n'est pas encore développée.»

Selon Suzanne Erb, directrice des services psychiatriques saint-gallois pour enfants et adolescents, il est désormais extrêmement important que le bambin ainsi que ses proches soient bien pris en charge: «Il faut créer un environnement sûr pour l'enfant, un déroulement de la journée bien réglé et constant.»

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