Genève: Jugé pour avoir ébouillanté sa concubine
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GenèveJugé pour avoir ébouillanté sa concubine

En 2010, un homme a frappé, puis brûlé au second degré, sa compagne. Il encourt jusqu'à dix ans de prison.

par
Raphaël Leroy
G. a frappé sa compagne à diverses reprises.

G. a frappé sa compagne à diverses reprises.

«Lorsque je suis énervé, j'envoie chier!» C'est par cette formule crue que G. a expliqué jeudi au Tribunal correctionnel son geste, une nuit de décembre 2010. Ce soir-là, l'homme de 39 ans s'est disputé avec sa concubine, P., qui avait disparu plusieurs jours.

Il voulait seulement se faire un thé

«Elle était ivre et refusait de répondre à mes questions, ça m'a énervé», s'est emporté G. Les insultes ont fusé de part et d'autre et ils en sont venus aux mains. Trois coups de pied aux côtes pour G., davantage pour P.

«Je suis ensuite parti à la cuisine pour me faire un thé, a expliqué G. aux trois juges de la Cour. Mais elle n'arrêtait pas de crier. Je lui ai alors renversé le contenu de ma tasse dessus.»

«J'ai la haine!»

Brûlée au deuxième degré, P. a évoqué une casserole. «A chaque fois que je vois mes cicatrices, j'ai la haine», a témoigné avec fermeté celle qui reconnaît avoir l'alcool agressif.

L'homme, déjà condamné pour tentative de meurtre, l'aurait ensuite empêchée de sortir, ce qu'il conteste vivement.

Selon l'expertise psychiatrique, G. est quelqu'un d'impulsif et peine à gérer ses émotions. Son comportement serait aussi influencé par l'alcool et la drogue. Le verdict est attendu vendredi.

Enrayer les coups dans les couples

La 4e édition de la campagne «Seize jours contre la violence faite aux femmes» débute vendredi en Suisse. A Genève, les violences domestiques ont baissé de 12% entre 2008 et 2010. Si elles représentent seulement 2,8% de la totalité des infractions, elles sont en revanche la cause de la moitié des meurtres genevois.

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