Norvège: Jugé pour avoir fait avorter son ex à son insu
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NorvègeJugé pour avoir fait avorter son ex à son insu

Le parquet a requis mardi sept ans de prison à l'encontre d'un homme jugé en Norvège pour avoir provoqué un avortement non désiré.

L'individu est accusé d'avoir introduit des pilules abortives dans un cocktail de fruits servi à son ex-partenaire.

Dans une affaire qui explore une zone rarement défrichée dans le code pénal norvégien, l'homme de 25 ans est accusé d'avoir, par deux fois, fait ingérer à la jeune femme d'une vingtaine d'années un mélange de deux médicaments pour IVG achetés sur internet, à son insu.

La seconde fois, en mars 2014, la femme avec qui il avait eu une aventure avait perdu le bébé lors de sa 12e semaine de grossesse.

«Il a essayé à plusieurs reprises de me convaincre d'avorter mais il n'en était pas question pour moi», a témoigné la jeune femme devant le tribunal de Trondheim (ouest), selon des propos rapportés par la radiotélévision publique NRK.

L'accusé est poursuivi pour blessures corporelles graves et, selon une disposition originale du code pénal norvégien, pour avoir interrompu une grossesse sans le consentement de la mère.

Il a plaidé coupable des deux chefs d'accusation.

«Un des aspects centraux de cette affaire est que les faits ont été commis à l'aide de poison et que cela s'est produit dans la durée», a fait valoir la procureure Kaja Strandjord, citée par le journal local Adresseavisen.

«Il a importé ces substances. Tout cela a été précisément et cyniquement planifié», a-t-elle dit.

Devant la cour, l'accusé a expliqué avoir acheté sur internet deux types de pilules abortives une semaine après avoir appris que la femme était enceinte.

Après un premier échec, il avait récidivé en pilant les médicaments et en les mélangeant à un smoothie (frappé aux fruits). Il a expliqué vouloir être sûr d'interrompre la grossesse après avoir lu que le foetus risquait des malformations.

«J'avais mauvaise conscience et j'avais des remords, mais je pensais que c'était la seule issue possible», a-t-il déclaré devant la cour, selon NRK.

C'est le médecin traitant de la jeune femme qui, pris de doutes, avait prescrit des tests puis alerté la police.

Le verdict est attendu le 17 mars.

(afp)

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