Bâle: Jugé pour avoir laissé des filles jouer avec son sexe
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BâleJugé pour avoir laissé des filles jouer avec son sexe

Un homme comparaît depuis mercredi devant le Tribunal pénal de Muttenz (BL). Il risque 22 mois de prison avec sursis pour actes d'ordre sexuel avec des mineurs et pornographie illicite.

par
ofu

Une personne normale et saine d'esprit ne parviendrait pas à visionner les images que le sexagénaire - jugé depuis mercredi à Muttenz (BL) - avait stocké sur son ordinateur. C'est ce qu'écrit ce jeudi la «Basler Zeitung» dans son édition du jour.

L'accusé, un rentier AI de 64 ans, est accusé d'actes d'ordre sexuel sur des mineurs et de pornographie illicite. Après avoir été arrêté en décembre 2013, les enquêteurs avaient retrouvé chez lui de nombreuses photos et vidéos particulièrement choquantes, classées dans deux fichiers différents: «ados moins de 10 ans - fellation» et «ados moins de 10 ans - pénétrations». Dans l'historique de sa messagerie instantanée, il évoquait ses fantaisies sexuelles avec des enfants.

«Vous en avez profité pour alimenter vos fantasmes»

Malgré ses déviances évidentes, le prévenu était très apprécié de ses voisins qui voyaient en lui un bon ami, voire même un membre de leur famille. Il n'était ainsi par rare que le sexagénaire s'occupait des enfants du voisinage. Si la Cour concède que l'accusé n'a pas cherché par tous les moyens à entrer en contact avec des bambins, elle note cependant que cette situation ne lui déplaisait pas. «Vous en avez profité pour alimenter vos fantasmes», a noté la présidente du tribunal, Jacqueline Kiss.

Et ce sont précisément ses fantasmes et son obsession qui ont mené le rentier AI à photographier l'entre-jambe des enfants qu'il gardait, écrit le quotidien alémanique. Un jour, il a même laissé trois filles - dont on ignore l'âge - baisser son training et jouer avec son sexe. Interrogé sur ces faits, l'accusé s'est défendu. Il a expliqué avoir très rapidement compris qu'il avait dépassé les limites et remonté aussi vite son pantalon.

«Je le regrette»

Une expertise psychiatrique atteste que le prévenu souffre de troubles moyens à graves de la sexualité qui expliquent ses préférences sexuelles déviantes. Mais tout au long du procès, le sexagénaire n'a cessé de répéter qu'il n'est pas pédophile et qu'il ne sait pas vraiment comment il a pu en arriver là. «J'ai fait une connerie. Je le regrette. Aujourd'hui, je ne parviens plus à lire tout ce que j'ai bien pu écrire dans le chat.» Il a par ailleurs souligné qu'il n'avait rien fait aux filles et que son rôle était à tout moment passif.

Selon l'avocat de la défense, son client n'est pas un pédophile typique. Il a requis 18 mois de prison avec sursis. Le Ministère public, lui, a demandé 22 mois avec sursis. Le verdict devrait tomber ce jeudi.