Chaux-de-Fonds (NE): Un duo démoniaque risque 16 et 18 ans de prison
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Chaux-de-Fonds (NE)Un duo démoniaque risque 16 et 18 ans de prison

Il a transpercé de coups de couteau sa mère et son compagnon. Elle en est morte, il a survécu. Jugé depuis ce mardi, le prévenu se tait à son procès. Sa compagne pleurniche.

par
Christian Humbert
C'est dans la ville de La Chaux-de-Fonds (NE) que c'est déroulé le drame.

C'est dans la ville de La Chaux-de-Fonds (NE) que c'est déroulé le drame.

Keystone/Photo d'illustration

Elle n'a pas chaussé ses docs Martens avec lesquels elle a frappé un homme à terre. Elle ne fait plus la police pendant que son compagnon de 33 ans donne des coups. Elle n'est plus la terreur des cafés des hauts du canton quand elle a un verre dans le nez. Elles est vêtue d'une robe noire et ne cesse de pleurnicher. L'horloge du tribunal est plus audible qu'elle.

Cette trentenaire mère de six enfants a été au cœur du procès criminel ouvert mardi à La Chaux de Fonds. Elle y a comparu pour avoir participé activement – enceinte – à l'assassinat, de 56 coups de couteau, de la mère de son amant d'alors, coprévenu. Ce mécanicien fribourgeois, qui s'est muré dans le silence, n'a pas seulement tué sa mère, coupable à ses yeux de l'empêcher de voir son fils, mais s'en est aussi pris au nouveau mari de la sexagénaire, de 26 ans son aînée. Il a échappé à la mort après treize coups de couteau sur tout le corps.

«Je pensais que nous allions boire des bières»

Et ce n'est pas celui qui a tenu le couteau, qui risque le plus. La procureure a en effet requis seize ans et un placement institutionnel contre le matricide mais deux ans de plus contre la coprévenue, Chilienne d'origine. Le crime, annoncé et préparé, n'aurait pas pu être commis sans son appui, selon la procureure. Elle a maîtrisé la mère de son compagnon. Elle ne l'a pas retenu dans sa folie, bien au contraire. «Je n'étais pas au courant qu'il allait tuer. Je pensais que nous allions boire des bières ce dimanche 15 octobre 2017», a-t-elle soutenu. Ses deux avocats écartent toute complicité d'assassinat. Problème: elle a soudainement confié ses enfants à son mari auquel elle a téléphoné après le crime: «Il l'a fait».

Le jugement sera rendu jeudi après-midi.

Sous haute surveillance

«Il en voulait à sa mère. J'étais là pour l'aider. Je n'ai pas renoncé par peur. J'ai pensé qu'il allait abandonner cette idée . Il était de bonne humeur» a dit la jeune femme, battue par ses compagnons successifs. Qualifiée de manipulatrice perverse et menteuse, elle a comparu libre, au contraire du coprévenu. Le procès, à huis clos, s'est tenu sous un impressionnant service d'ordre: dix policiers dans la seule salle d'audience.

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