Genève: Jugé pour avoir tué par négligence sa fille de 19 mois
Actualisé

GenèveJugé pour avoir tué par négligence sa fille de 19 mois

Le procès d'un ex-toxicomane de 47 ans, accusé d'homicide par négligence pour avoir été à l'origine du décès de sa fille de 19 mois, s'est poursuivi vendredi devant le Tribunal de police de Genève.

Le père a fait part de sa douleur devant les juges.

«Je suis navré, désolé», a-t-il balbutié entre deux sanglots. Un soir de mars 2008, l'accusé a administré par erreur un suppositoire de méthadone à sa fille dont il avait la garde pour la nuit. L'enfant est morte de surdose durant son sommeil. «J'y pense tous les jours», a relevé le père.

Réquisitoire sévère

«Certains gestes sont tellement stupides qu'on ne peut pas trouver de mots pour en parler», a-t-il déploré. Le substitut du procureur Marco Rossier a estimé la faute de l'accusé «très lourde» et requis une condamnation à une peine de 30 mois de prison, dont six mois ferme, en regard de «la gravité des faits».

Stéphane Grodecki, avocat de la défense, a de son côté rappelé que son client avait été «touché de plein fouet par cette tragédie» et est «rongé par la culpabilité». Il a réclamé une peine compatible avec le sursis complet. «N'achevez pas de désocialiser un homme déjà brisé par les actes qu'il a commis», a-t-il lancé aux juges.

Confusion fatale

L'accusé a affirmé avoir confondu deux suppositoires lors de la tragique soirée. Il a cru administrer à sa fille un suppositoire aux huiles essentielles qui lui avait été fourni, selon ses dires, par la mère de l'enfant. A la place, il lui a donné un suppositoire de méthadone, qu'il utilisait comme substitut à l'héroïne.

La mère de la fillette, qui s'est portée partie civile, rejette un acte de négligence. «Pour moi, il a inventé cette histoire, c'est une affaire machiavélique», a-t-elle déclaré devant le tribunal. Elle estime également que le père n'a nullement souffert de la mort de son enfant et a invité les juges à se montrer intraitables.

L'accusé risque jusqu'à trois ans de prison, au maximum. Le Tribunal de police rendra son jugement ultérieurement.

(ats)

Ton opinion