03.03.2020 à 16:33

Valais

Jugé pour de dangereuses liaisons avec les pharmas

Un ex-professeur de médecine risque 2 ans de prison avec sursis pour avoir encaissé indûment plus d'un demi-million de francs.

de
Christian Humbert
Jusqu'en 2014, l'homme était médecin-chef à l'Hôpital du Valais.

Jusqu'en 2014, l'homme était médecin-chef à l'Hôpital du Valais.

S.Papilloud / Le Matin

Sa dégringolade est sans fin. Il était professeur de médecine: ce titre lui a été retiré après des manipulations scientifiques. Il gagnait 260'000 francs par an comme médecin-chef à l'hôpital de Sion: il exerce désormais en France et touche 8000 euros par mois. Pour couronner le tout, le quinquagénaire risque 2 ans de prison avec sursis et 4500 francs d'amende pour gestion déloyale, voire escroquerie.

Car le néphrologue a encaissé plus d'un demi-million de francs, versés sur des années par des sociétés pharmaceutiques. Deux d'entre elles ont payé 200'000 francs chacune pour des recherches. Or le médecin devait tout son temps à l'hôpital: il ne pouvait mener de tels travaux sans en référer à son employeur. Surtout, il n'avait pas à se faire rémunérer sur son compte en banque personnel: son contrat et la pratique étaient limpides sur ce point.

Il se dénonce au fisc

«Je n'ai jamais pris de vacances», s'est défendu mardi le médecin, devant le Tribunal de Sion. «Je n'ai rien dissimulé. Tout était transparent», a-t-il affirmé. Les faits sont contestés par son avocat, qui a soutenu l'acquittement. Mais, pour le procureur, «le prévenu a mis en cause tout le monde sauf lui-même. Il avait l'obligation de restituer ses gains. Il a agi comme gestionnaire, ce qu'il n'était pas. Il a outrepassé ses compétences.»

Pour éviter de cumuler les ennuis, le prévenu avait spontanément annoncé au fisc ce demi-million encaissé indûment. Il en a déjà remboursé une bonne partie à son ancien employeur, qu'il a quitté en janvier 2014. 

Le jugement sera rendu ultérieurement.

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