France  – Jugé pour des viols sur une fillette jusque dans le parloir de la prison
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France Jugé pour des viols sur une fillette jusque dans le parloir de la prison

Déjà condamné pour des charges similaires, un quinquagénaire fait face à la justice pour avoir abusé durant des années de la fille de sa compagne, âgée de 7 ans au début des faits.

La mère de la fillette a admis «n’avoir pas fait attention» pendant les visites au parloir.

La mère de la fillette a admis «n’avoir pas fait attention» pendant les visites au parloir.

AFP

Un homme de 52 ans, ex-pompier volontaire comparaît depuis mardi devant les assises du Gard pour de nombreux viols sur la fille de sa compagne, qu’il aurait agressée sexuellement jusqu’au parloir de la prison où il était écroué pour de précédents viols sur mineures.

Plus d’une centaine de visites

Sa compagne doit aussi répondre de complicité de viols et de complicité d’agression sexuelle. Juste après avoir rencontré cet homme, elle l’avait laissé – pendant deux ans – dormir dans le lit de sa fille âgée de sept ans au début des faits, en 2011.

Elle est également accusée de l’avoir emmenée plus d’une centaine de fois en visite à la prison où son compagnon était incarcéré, à partir de juin 2013. Il avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Gard pour des viols sur plusieurs autres fillettes. Sa condamnation a été confirmée en appel, en 2015, par la cour d’assises du Vaucluse.

C’est là qu’il lui aurait fait subir d’autres viols, par pénétrations digitales, ainsi que de nombreuses agressions sexuelles, jusqu’à une dernière visite, en janvier 2016.

La jeune fille, aujourd’hui majeure, avait porté plainte contre l’ami de sa mère en 2018. Elle avait pris conscience que ce qui lui arrivait depuis des années n’était pas normal. Et elle a intégralement réitéré ses accusations de viols et d’agressions sexuelles, mercredi, évoquant également les «tartes» que lui donnait sa mère quand elle n’obéissait pas.

Mardi, au premier jour de son procès, l’accusé vivotait comme pompier volontaire, nageur-sauveteur et professeur de boxe après avoir été ambulancier ou avoir travaillé dans le nettoyage. Il avait pour la première fois reconnu être «coupable», semblant toutefois ne reconnaître que les agressions sexuelles et pas les viols. Interrogé à nouveau mercredi, il a cette fois tout avoué.

«Une catastrophe pénitentiaire»

«Reconnaissez vous les faits ?», a relancé le président, après le témoignage de la victime. «Oui». «Tous les fait ?», a insisté le magistrat. «Oui», a-t-il répété.

A l’audience, mercredi, la mère s’est une nouvelle fois défendue, concédant être «naïve» et avoir été amoureuse de cet homme, avec qui elle n’avait pas de relations sexuelles. A la barre, d’une voix à peine audible, elle a insisté n’avoir «pas imaginé» qu’il puisse faire du tort à sa fille et «n’avoir pas fait attention» pendant les visites au parloir.

Mais c’est «tout le monde qui en prend pour son grade» dans cette affaire, a insisté l’avocat général, au deuxième jour du procès, en rappelant que c’était bien le parquet général qui avait autorisé ces visites à la maison d’arrêt de Nîmes.

Quant à la surveillance de l’accusé, lors des parloirs, elle semble avoir été plus que minimale. De quoi donner des arguments aux avocats des différentes parties, qui ont dénoncé une «catastrophe pénitentiaire», «un cataclysme».

Mardi, à la barre, des surveillants de la maison d’arrêt avaient expliqué avoir signalé à leur direction le comportement inapproprié de l’accusé avec celle qui était présentée comme sa belle-fille. Tant lors de parloirs collectifs que dans les box familiaux où se sont ensuite poursuivies les visites.

Selon le rapport d’enquête, un codétenu avait également alerté la direction, expliquant que l’ex-pompier volontaire recevait sur son téléphone des photos d’une fillette nue.

Interrogée à ce sujet mardi, la directrice de la détention à la prison de Nîmes, aujourd’hui à la retraite, avait affirmé n’avoir jamais reçu ces signalements, dont les enquêteurs n’ont d’ailleurs jamais retrouvé la moindre trace. Après un changement de logiciel intervenu en 2015 au sein de la prison, tous les documents antérieurs à cette date seraient introuvables, avait-t-elle tenté d’expliquer.

Le réquisitoire du parquet et le verdict sont attendus jeudi.

Victime ou témoin d’une agression sexuelle?

Et pour les jeunes:

  • Ciao.ch (réponse dans les 2 jours)

  • Pro Juventute (24/7): 147

  • Patouche: 0800 800 140

(AFP)

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