Actualisé 14.03.2017 à 19:02

FribourgJugé pour le viol et le meurtre de son épouse

Un Portugais de 58 ans est face aux juges depuis mardi pour le meurtre de sa femme à Fribourg.

Keystone/Archives/photo d'illustration

La première journée du procès d'un homme qui avait tué sa femme en 2014 a été très émotionnelle avec les auditions des parties plaignantes, tandis que le prévenu s'est muré dans le silence.

La fille, les soeurs et le frère de la victime, notamment, sont venus du Portugal, de France et des Bermudes pour assister aux audiences du Tribunal pénal de la Sarine. Ils n'avaient jamais reçu le moindre mot d'excuses de la part du quinquagénaire.

Ils n'ont pas obtenu davantage d'explications mardi: il a refusé de s'exprimer malgré les assauts du président de la Cour Benoît Chassot. Le juge a tout de même déroulé toutes ses questions une à une, et toutes sont restées sans réponse.

L'enquête avait toutefois permis d'établir le déroulement des faits. Le prévenu, domicilié en Suisse depuis 1989, était marié depuis 2013 avec la victime, elle aussi portugaise. Leur relation était devenue conflictuelle.

Le 17 novembre 2014, la femme a dit à la police qu'elle avait été violée par son époux durant la nuit. Elle a renoncé à porter plainte par crainte d'avoir des ennuis avec lui, a expliqué sa soeur. Elle a finalement demandé le divorce.

Etranglée avec un foulard

L'après-midi du 29 décembre 2014, l'épouse rentrait du Portugal où elle avait retrouvé sa famille pour Noël. Elle est allée à l'hôpital de Fribourg pour vérifier si son mari avait vraiment fait une tentative de suicide comme il le prétendait. Ce n'était pas le cas.

Elle s'est rendue dans la boutique qu'elle tenait en ville pour parler avec lui. C'est là qu'il l'a étranglée avec le foulard qu'elle portait autour du cou. Quand il l'a amenée aux urgences, elle était en état de mort cérébrale. Elle est décédée le lendemain.

Pendant la procédure, le mari avait avoué avoir tiré sur le foulard, mettant son acte sur le compte d'une dispute dans laquelle ils en seraient venus aux mains. Dans l'heure qui a suivi l'entrée de sa femme dans la boutique, des clients et connaissances sont venus.

Il ne les a pas laissés aller dans l'arrière-boutique et son épouse ne s'est pas manifestée, ce qui pourrait signifier qu'elle était déjà inconsciente. Combien de temps a-t-il attendu avant de l'amener à l'hôpital, a interrogé le juge mardi, en vain.

Famille à bout de nerfs

«Je ne parle plus, désolé», a seulement murmuré le prévenu. A bout de nerfs et de larmes, l'une des soeurs de la victime s'est jetée sur lui en criant «Tu l'as tuée, dis-le !». Les policiers se sont interposés de justesse.

La séance a été suspendue et plusieurs membres de la famille ont dû sortir. L'avocat commis d'office Sébastien Pedroli n'a pu arracher à son client que quelques mots d'excuses bredouillés à voix basse.

L'avocat a demandé que son client fasse l'objet d'une nouvelle analyse psychiatrique, celle-ci étant capitale pour déterminer son degré de responsabilité. Le rapport de l'expert neuchâtelois Philippe Vuille le présente comme rusé, perspicace et manipulateur, avec des caractéristiques de psychopathe.

Ces compétences sont incompatibles avec son quotient intellectuel de 70, a avancé son défenseur. Un argument balayé par le procureur Marc Bugnon, qui a qualifié le prévenu de «prédateur social», accessible à aucun traitement. Les juges ont eux aussi estimé que le rapport psychiatrique existant était suffisamment documenté.

Le prévenu s'endort

Père de deux filles d'un précédent mariage au Portugal, le prévenu a aussi eu deux fils avec une compagne en Suisse, maintenant âgés de 24 et 18 ans. Ces deux derniers l'accusent de leur avoir infligé des attouchements sexuels dans les années 2000 quand ils avaient respectivement 8 à 10 ans et 4 à 6 ans.

Ils l'ont dit à la police en 2014 pendant la procédure pour meurtre. L'aîné dénonce aussi un viol. Le prévenu s'est assoupi mardi pendant l'audition du cadet. Il était assommé par des médicaments, a tenté d'expliquer son avocat. Le procès continue ce mercredi avec le réquisitoire du procureur et les plaidoiries des avocats. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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