France: Jugée pour avoir poignardé son fils de six mois
Actualisé

FranceJugée pour avoir poignardé son fils de six mois

Une trentenaire comparaîtra à partir de lundi devant la cour d'assises de la Loire pour avoir tué son bébé d'une douzaine de coups de couteau afin de ne plus avoir de lien avec le père dont elle était séparée.

Le Palais de justice de Saint-Etienne où sera jugée Aline M.

Le Palais de justice de Saint-Etienne où sera jugée Aline M.

Le 14 février 2012, cette jeune mère au foyer de la région stéphanoise a elle-même prévenu ses voisins de ce qu'elle venait de faire. Elle s'est rendue chez eux les vêtements ensanglantés, en disant avoir «fait une grosse bêtise».

Un voisin l'a accompagnée dans son pavillon de Roche-la-Molière (Loire), une ancienne ville minière de la région stéphanoise. Il a prodigué un massage cardiaque, en attendant l'arrivée des secours, mais il n'a pu ranimer le bébé qui a succombé en l'espace de quelques minutes à une hémorragie, selon les légistes.

Les médecins ont relevé treize plaies provoquées par des coups portés «avec violence» au thorax et à l'abdomen du nourrisson, à l'aide d'un couteau de cuisine retrouvé sur le lit où gisait le corps.

«Je l'ai tué le jour de Saint-Valentin»

A leur arrivée, les policiers ont constaté le calme, la froideur et l'absence de regret d'Aline M. qui leur a déclaré : «Je vous attendais, j'ai préparé mes affaires. Je l'ai tué le jour de la Saint-Valentin», a ajouté la jeune femme, comme pour mieux souligner qu'à travers la jeune victime, c'était son père, avec qui elle était séparée depuis plusieurs mois, qui était visé.

«Au moins, maintenant je n'aurai plus de lien avec le père (...) je ne le verrai plus en lui», a expliqué peu après le drame l'accusée, qui élevait le nourrisson, confié à son père un week-end sur deux.

Avant de commettre ce geste irréparable, Aline M., parfois décrite comme s'occupant «bien» de ses enfants par son entourage familial, avait confié son fils aîné, polyhandicapé, né d'une précédente union, à l'institut médico-éducatif qui l'accueillait durant la semaine.

«Pas dans son état normal» le jour du drame

Après la séparation des parents, survenue en septembre 2011, peu après la naissance du bébé, des tentatives de retour à la vie commune n'avaient pas abouti.

Tandis qu'Aline M., 32 ans, évoquait des souffrances physiques et morales que lui aurait fait endurer son concubin, qu'elle soupçonnait d'infidélité avec une collègue de travail, ce dernier indiquait que les troubles du comportement de la jeune femme, suivie par un psychiatre, s'étaient amplifiés durant sa grossesse.

Les expertises judiciaires effectuées sur l'accusée ont souligné un «trouble psychiatrique ayant nettement altéré son discernement». Aline M. a indiqué pour sa part qu'elle n'était «pas dans (son) état normal» le jour du drame, après avoir consulté sur Facebook des photos du nouveau-né avec son père. Le procès est prévu jusqu'à jeudi. (afp)

Ton opinion