Actualisé 24.11.2009 à 15:29

Pays-BasJugement de deux chefs congolais responsables de 200 morts

Deux chefs de milice de la République démocratique du Congo (RDC) ont commencé à comparaître mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Les deux hommes sont accusés d'avoir voulu «effacer totalement» un village de l'Ituri en 2003. Le massacre avait fait plus de 200 morts.

Germain Katanga, 31 ans, et Mathieu Ngudjolo Chui, 39 ans, sont poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis lors de l'attaque du village de Bogoro, le 24 février 2003. Tous deux rejettent les sept chefs d'inculpation retenus contre eux.

«Leur plan visait à effacer totalement Bogoro», a assuré Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la CPI. Les accusés sont «responsables de certains des crimes les plus graves qui touchent l'ensemble de la communauté internationale», a-t-il souligné.

«Des gens ont été abattus dans leur sommeil, d'autres tués à coups de machettes pour économiser des balles, d'autres brûlés vifs dans l'incendie de leurs maisons», a énuméré le procureur.

Volonté de destruction totale

Plus d'un millier de combattants de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI) de Germain Katanga et du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) de Mathieu Ngudjolo Chui avaient attaqué Bogoro.

«Ils ont utilisé des enfants comme soldats, ils ont tué plus de 200 civils en quelques heures, ils ont violé des femmes, des filles et des femmes âgées, ils ont pillé le village et transformé des femmes en esclaves sexuelles», a détaillé M. Moreno-Ocampo.

Au centre de Bogoro, village de l'ethnie hema, se trouvait un camp militaire de leurs ennemis de l'Union des patriotes congolais (UPC) de Thomas Lubanga, le premier accusé à être jugé par la CPI, depuis le 26 janvier. «L'attaque visait non seulement à détruire le camp militaire mais aussi à détruire le village civil», a affirmé le procureur.

Justice pour les victimes

Germain Katanga, transféré à La Haye en octobre 2007, et Mathieu Ngudjolo Chui, transféré en février 2008, sont accusés de meurtre, viol, esclavage sexuel, utilisation d'enfants soldats, attaques contre des civils, pillages et destructions de bien. Les procureurs appelleront à la barre 26 témoins au cours de ce procès, qui devrait durer plusieurs mois.

«Depuis six ans, les victimes attendent que justice soit faite», a assuré Jean-Louis Gilissen, l'un des représentants légaux des victimes, au nom de dix enfants soldats ayant participé à l'attaque de Bogoro. Ces derniers «sont accablés, miséreux, incapables de reprendre le cours d'une vie normale», a-t-il assuré.

Les affrontements interethniques entre milices qui se disputaient les terres de l'Ituri et ses ressources naturelles, or, pétrole, bois ou diamants, avaient débuté en 1999. Selon les ONG, ils ont fait plus de 60.000 morts.

Entrée en fonction en 2002, la CPI est la première juridiction internationale à autoriser la participation des victimes aux procédures. (ats)

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