Romont (FR): Jugés en Suisse, leur clan est visé par des grenades
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Romont (FR)Jugés en Suisse, leur clan est visé par des grenades

Suspectés d'avoir tué un rival, deux hommes sont restés fidèles à la loi du silence, hier au tribunal. Au Kosovo, la vendetta continue.

par
Francesco Brienza
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13.01.2016 Un dispositif conséquent de policiers armés surveillent le Tribunal de la Glâne à Romont , où deux hommes comparaissent pour un homicide à Frasses en 2013, sur fond d'une guerre de clans kosovars.

13.01.2016 Un dispositif conséquent de policiers armés surveillent le Tribunal de la Glâne à Romont , où deux hommes comparaissent pour un homicide à Frasses en 2013, sur fond d'une guerre de clans kosovars.

frb
Deux hommes ont ouvert le feu sur un ressortissant italien dans la nuit de samedi à dimanche 12 mai 2013.  Sur les lieux, les nombreuses traces de craie dessinées par la police témoignent de lacharnement des tireurs.

Deux hommes ont ouvert le feu sur un ressortissant italien dans la nuit de samedi à dimanche 12 mai 2013. Sur les lieux, les nombreuses traces de craie dessinées par la police témoignent de lacharnement des tireurs.

Keystone/Jean-christophe Bott
La tuerie a été préparée minutieusement. Il ne fallait laisser aucune chance à S.E.

La tuerie a été préparée minutieusement. Il ne fallait laisser aucune chance à S.E.

Keystone/Jean-christophe Bott

Difficile de faire cracher le morceau au duo soupçonné d'avoir assassiné un rival en mai 2013, à Frasses (FR). Au total, l'audition des deux trentenaires n'a duré que quelques minutes, mercredi, à l'ouverture de leur procès au Tribunal de Romont. «Je maintiens ce que j'ai déjà dit aux enquêteurs», ont-ils calmement indiqué, d'une même voix. A savoir qu'ils n'ont rien à voir avec l'exécution de ce père kosovar de 36 ans, sous les yeux de ses enfants et de sa fiancée.

Ce sont alors surtout les avocats qui ont parlé. Ils ont rappelé le contexte sanglant d'un conflit familial qui a déjà fait quinze morts («20 minutes» d'hier). Et qui continue. «Mon client est en danger, a d'ailleurs martelé Me André Clerc, avocat de l'un des prévenus. Il y a deux jours, des grenades ont explosé (ndlr: sans faire de blessé) dans la cour de la maison où vit sa famille, au Kosovo!» Comme déconnectés de la réalité, les prévenus sont restés impassibles, tout au long de la journée. Exemple criant: l'un d'eux est finalement revenu mercredi sur des déclarations qu'il avait faites aux enquêteurs en 2013. A l'époque, il avait nié s'être procuré une arme de peur d'être condamné pour... trafic d'armes. «Vous comprenez que vous êtes soupçonné d'assassinat et que vous risquez la prison à vie?», lui a alors demandé le président, incrédule. Nouveau silence gêné.

Parole contre parole, la justice devra trancher. Mais pour le Ministère public, le duo a bel et bien tué. Suite du procès jeudi prochain.

Une famille «détruite»

Plusieurs proches du défunt ont été entendus à la barre. Parmi eux, la jeune fiancée qui a assisté, impuissante, à la mise à mort de son homme. «Je ne dors plus la nuit, j'ai trop peur, a-t-elle indiqué. Pour mon fils de 4 ans et moi, c'est très difficile. Nous nous sentons seuls et détruits. Encore maintenant, il demande toujours après son papa en pleurant.» La sur de la victime, très attachée à lui, a aussi dit sa douleur. «Quand j'ai appris le décès de mon frère, pour moi, c'était comme la fin du monde.»

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