Actualisé 07.12.2010 à 15:24

WikiLeaksJulian Assange placé en préventive

Le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange a été placé mardi en détention préventive après avoir déclaré devant le tribunal de Westminster qu'il contestait la demande d'extradition de la Suède.

Julian Assange doit être maintenu en détention jusqu'au 14 décembre, a décidé mardi la Cour de justice de Westminster qui entendait le fondateur de WikiLeaks en vertu d'un mandat d'arrêt européen pour une affaire de viols en Suède.

Le juge du tribunal n'a pas accepté de libérer Julian Assange en échange d'une caution, et a décidé de son placement en détention préventive. L'Australien, âgé de 39 ans, s'était rendu quelques heures plus tôt à la police londonienne.

Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt suédois à la suite d'accusations de deux femmes qu'il a rencontrées cet été en Suède. Il est poursuivi pour viol et agression sexuelle dans l'un des dossiers, ainsi que d'agression sexuelle et de coercition dans le second. Le fondateur de WikiLeaks a démenti l'ensemble de ces accusations.

Audition «très cordiale»

Julian Assange, arrêté mardi matin par Scotland Yard, devait comparaître devant la Cour de justice de Westminster, selon la Cour. Wikileaks a par ailleurs indiqué vouloir continuer de publier des télégrammes diplomatiques américains, malgré l'arrestation de son fondateur.

L'un de ses avocats londoniens, Mark Stephens, a déclaré à son arrivée au tribunal que son client «allait bien», et que l'audition par la police britannique avait été «très cordiale». «Ils ont vérifié son identité», a-t-il expliqué.

«Ils se sont assurés qu'il s'agit bien de Julian Assange et nous sommes prêts à comparaître», a-t-il ajouté devant une meute de journalistes qui assiège le tribunal, situé au coeur de Londres près du Parlement.

Une voiture censée transporter le fondateur de WikiLeaks est entrée par un portail du tribunal, sans qu'on puisse distinguer formellement Julian Assange à l'intérieur.

Le fondateur de WikiLeaks doit répondre de plusieurs chefs d'inculpation dont celui d'agression sexuelle et viol, pour des faits survenus en août en Suède.

Mark Stephens a précisé que l'Australien de 39 ans, s'était rendu «de son plein gré» et qu'il ferait appel de son éventuelle extradition.

Wikileaks ne renonce pas

WikiLeaks va par ailleurs continuer la publication des télégrammes diplomatiques américains, malgré l'arrestation de Julian Assange, a assuré mardi à l'AFP un journaliste travaillant pour le site.

«Concernant tout ce qui se passe actuellement, tout est prévu, tout ça va continuer comme jamais. C'est tout ce que je peux vous dire», a déclaré James Ball, joint par téléphone à Londres.

Un message posté peu après sur le compte Twitter de WikiLeaks affirme également: «les actions menées contre notre rédacteur en chef Julian Assange n'affecteront pas notre travail: nous publierons cette nuit d'autres télégrammes comme d'habitude».

Les dernières révélations de WikiLeaks

- L'Otan a élaboré des plans destinés à protéger les trois Etats baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie) de menaces venant de la Russie. Un plan mis en place pour la Pologne par l'Alliance atlantique a été étendu à ces trois Etats ex-soviétiques après qu'ils aient demandé à bénéficier d'une protection supplémentaire face à la Russie après la guerre éclair qui a opposé ce pays à la Géorgie pendant l'été 2008.

- Le président nicaraguayen Daniel Ortega est financé par les narcotrafiquants et ordonne en échange aux juges de remettre en liberté les trafiquants arrêtés, affirme l'ex-ambassadeur des Etats-Unis à Managua, Paul Trivelli.

«En 1984 (durant son premier mandat), Daniel Ortega a négocié un accord avec le narcotrafiquant colombien Pablo Escobar et lui a donné asile durant plusieurs mois au Nicaragua après qu'Escobar eut ordonné l'assassinat du ministre colombien de la Justice», ajoute-t-il.

Selon lui, «Ortega et le FSLN (Front sandiniste de libération nationale) ont reçu beaucoup d'argent en liquide d'Escobar».

Un autre mémo diplomatique, datant de 2008, signale que les responsables gouvernementaux nicaraguayens reçoivent «des valises pleines d'argent» lors de leurs voyages officiels au Venezuela.

- La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a reproché au président syrien Bachar al-Assad de fournir des missiles au Hezbollah alors qu'il l'avait assurée du contraire une semaine auparavant.

«Nous sommes cependant au courant des efforts actuels de la Syrie pour fournir des missiles balistiques au Hezbollah. Je dois souligner que cette activité est très inquiétante pour mon gouvernement et nous vous mettons fermement en garde contre une telle escalade», poursuit-elle, dans un câble en février.

Par ailleurs, les diplomates américains ont tenté au printemps 2009 d'empêcher la vente par la Corée du Nord de lance-grenades au Sri Lanka et de missiles Scud au Yémen, semble-t-il en vain.

- La France et les Etats-Unis coopérent de manière plus intensive depuis un an, à l'initiative de Paris, dans la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

- Le contingent hongrois stationné à Baghlan (Afghanistan) cherche surtout à se protéger et est incapable de gérer les problèmes de sécurité, selon un télégramme signé par l'ambassadeur américain Karl Eikenberry à Kaboul, qui décrit la montée de la violence et du trafic de drogue dans la zone où ils sont présents.

- Le premier vice-Premier ministre chinois, Li Keqiang, a reconnu en 2007 que certaines statistiques économiques du pays étaient «artisanales» et donc pas fiables.

M. Li, présenté comme le probable successeur du Premier ministre Wen Jiabao, dirigeait le parti communiste de la province du Liaoning (nord-est) quand il a adressé ces remarques à l'ambassadeur des Etats-Unis de l'époque, Clark Randt.

- Le petit-fils footballeur du généralissime Than Shwe, homme fort de la junte birmane, voulait qu'il achète, pour un milliard de dollars, le club anglais de Manchester United, selon un télégramme de l'ambassade américaine à Rangoun datée du 12 juin 2009. (ap/afp)

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