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Union européenneJuncker: «J'ai besoin de money, money»

Le président de la Commission européenne a demandé mercredi aux dirigeants européens de «mettre la main au portefeuille» en faveur du plan d'investissements pour la relance de l'UE.

Selon Jean-Claude Juncker, plusieurs pays ont manifesté «un intérêt potentiel».

Selon Jean-Claude Juncker, plusieurs pays ont manifesté «un intérêt potentiel».

Le plan d'investissements sur trois ans proposé par M. Juncker doit permettre de mobiliser 315 milliards d'euros (378 milliards de francs suisses). «Ce fonds est autonome, cependant, il est clair que son impact serait multiplié si les Etats membres y contribuaient», a-t-il dit mercredi au cours d'un débat au Parlement européen à Strasbourg. «J'attends maintenant des propositions concrètes et pas seulement 'parole, parole'. J'ai besoin de 'money, money', d'argent sonnant et trébuchant», a-t-il insisté. Les leaders de l'UE se réunissent jeudi et vendredi à Bruxelles pour discuter sur ce plan d'investissements pour la relance de l'UE, et pour l'Ukraine.

Craintes de retards

Selon Jean-Claude Juncker, plusieurs pays ont manifesté «un intérêt potentiel». De source européenne, on souligne que l'Espagne, la Slovaquie et la Finlande se sont effectivement montrées intéressées. D'autres pays sont en revanche très prudents, estimant qu'il ne faut pas se lancer dans un débat qui risquerait de retarder la mise en oeuvre des projets, dont les premiers peuvent être lancés dès 2015.

«Les Etats vont devoir mettre la main au portefeuille et donner plus de flexibilité au budget européen, car la ligne de crédit pour ces aides a été réduite à une très faible enveloppe et si nous utilisons tout pour l'Ukraine, il ne restera rien», a averti le président de la Commission européenne, rappelant que Kiev «a besoin de 2 milliards d'euros».

Des projets pour 1300 milliards

Les besoins identifiés vont ainsi bien au-delà des 315 milliards d'euros prévus par le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). Les Etats membres ont en effet fourni une liste de près de 2000 projets d'un montant global de 1300 milliards d'euros susceptibles d'être sélectionnés.

Jean-Claude Juncker a rappelé que tous les projets ne pourraient pas être acceptés. «Il est clair que toutes ces propositions ne sont pas viables économiquement et stratégiquement», a-t-il dit. «L'objectif de ce nouveau fonds est d'investir dans les Etats-membres les plus touchés par la récession économique.»

Il a cité comme exemples de projets «intéressants», ceux ayant trait aux infrastructures et interconnexions énergétiques dans les Etats baltes et en Finlande, les projets sur l'éducation en Italie ou hospitaliers en Belgique.

Effet d'entraînement

La Commission mise sur un effet d'entraînement et prévoit de mettre sur la table huit milliards d'euros, qui permettraient eux-mêmes de doter le FEIS de 21 milliards d'euros. Dans le scénario espéré par Bruxelles, ces 21 milliards doivent à leur tour permettre de mobiliser au total 315 milliards d'euros d'investissements sur trois ans par effet de levier.

Pour encourager les États membres à abonder le nouveau fonds, la Commission européenne propose que les sommes versées ne soient pas comptabilisées dans le calcul de leur déficit, mais plusieurs pays, avant de s'engager, veulent que cette proposition fasse l'objet d'une garantie écrite. (ats)

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