Actualisé 02.02.2015 à 19:25

Crise ukrainienne«Jusqu'à 100'000 hommes seront mobilisés»

Le dirigeant de la république séparatiste de Donetsk a déclaré lundi qu'il espérait mobiliser dans les jours qui viennent 100'000 hommes pour combattre les forces loyalistes ukrainiennes.

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14.04 Les autorités de la péninsule de Crimée annexée en mars 2014 par la Russie ont interdit mercredi l'assemblée des Tatars de Crimée, le Medjlis.

14.04 Les autorités de la péninsule de Crimée annexée en mars 2014 par la Russie ont interdit mercredi l'assemblée des Tatars de Crimée, le Medjlis.

Reuters
03.03 Les civils vivant dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk évoquent un «isolement physique, politique, social et économique», relève le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein dans son rapport publié ce jeudi à Genève.

03.03 Les civils vivant dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk évoquent un «isolement physique, politique, social et économique», relève le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein dans son rapport publié ce jeudi à Genève.

Keystone
20.02 Les Ukrainiens commémorent la répression du Maïdan, survenue il y a deux ans.

20.02 Les Ukrainiens commémorent la répression du Maïdan, survenue il y a deux ans.

epa/Roman Pilipey

Les rebelles prorusses s'enhardissent en Ukraine et veulent mobiliser des dizaines de milliers d'hommes à la suite de leurs récentes victoires. Après l'échec des pourparlers de paix à Minsk ce week-end, le président russe a appelé à mettre fin aux combats, lesquels se sont encore intensifiés lundi.

Vladimir Poutine est «extrêmement inquiet» de la situation dans l'est de l'Ukraine, a rapporté l'agence de presse russe Tass, citant le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Selon ce dernier, le président russe a appelé les deux camps à mettre fin aux combats.

Les rebelles séparatistes prorusses continuaient cependant à pilonner les positions des forces gouvernementales dans la ville de Debaltseve, un noeud ferroviaire entre leurs bastions de Donetsk et Lougansk. Un des chefs séparatistes a par ailleurs annoncé une «mobilisation générale» d'ici dix jours pour renforcer les effectifs des rebelles.

«Il est prévu de mobiliser jusqu'à 100'000 hommes», a déclaré le dirigeant de la république séparatiste de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, cité par l'agence officielle séparatiste DAN.

Ces déclarations interviennent après l'échec des pourparlers de paix samedi à Minsk. Ceux-ci visaient à un accord de cessez-le-feu pour mettre fin aux violences ayant fait plus de 5000 morts en neuf mois.

Mercenaires russes?

Pour Serguiï Zgourets, expert militaire indépendant à Kiev, l'annonce de cette mobilisation pourrait présager d'importants renforts à venir depuis la Russie, qui dément toujours toute implication dans le conflit ukrainien. «Les républiques séparatistes n'ont pas les moyens de mobiliser tant d'hommes, si ce n'est avec des mercenaires russes», souligne-t-il.

Selon un autre analyste ukrainien, Olexandre Souchko, la Russie, qui participe avec l'OSCE aux pourparlers de paix, «n'a pas intérêt à négocier un cessez-le-feu avant d'infliger une importante défaite militaire à l'Ukraine pour pouvoir dicter ses conditions».

Annonce surprise

A Donetsk, fief des séparatistes prorusses, l'annonce d'une mobilisation générale a pris de court les habitants. «Je n'y crois pas trop. Soit c'est faux, soit c'est dit à l'intention des médias ukrainiens», a réagi Alexandre, 28 ans, qui soutient pourtant les autorités séparatistes.

Vitali, un web designer de 24 ans, estime que de telles initiatives «mènent dans une impasse (...). Chaque jour, je me sens un peu plus otage (des autorités séparatistes)», lance-t-il.

D'autres ne sont pas surpris. «Les événements des derniers mois ont mené à cette mobilisation», affirme Viktor Tichtchenko, 41 ans, balafre sur la joue. Ce dernier se dit prêt à partir.

Janvier sanglant

Sur le terrain, la situation s'est encore dégradée ces dernières semaines, avec de lourdes pertes chez les soldats ukrainiens et les civils. Douze personnes, dont sept civils, ont été tuées en 24 heures, après un week-end sanglant au cours duquel ont péri une cinquantaine de soldats ukrainiens et de civils.

Les autorités de Kiev ont par ailleurs déclaré lundi que le mois de janvier a été l'un des plus sanglants dans l'est de l'Ukraine depuis le début du conflit séparatiste en avril dernier.

Selon le porte-parole de la police régionale Viatcheslav Abroskine, 112 civils ont été tués par des bombardements et des attaques rebelles. Les séparatistes ont diffusé parallèlement un communiqué, dans lequel ils font état de la mort de 242 civils et de 92 des leurs au cours du mois écoulé.

Armes défensives

Signe de l'inquiétude croissante de l'Occident face à la perspective d'une victoire rebelle, le commandement militaire de l'OTAN et des responsables de l'administration américaine sont prêts à soutenir l'envoi d'armes défensives létales aux forces ukrainiennes, a affirmé le «New York Times» dimanche. Le président Barack Obama n'a pas encore pris de décision.

Jeudi, le chef de la diplomatie américaine John Kerry est attendu en Ukraine. Un rapport américain indépendant, rédigé par plusieurs «think tanks» (laboratoires d'idées), incite les Etats-Unis à envoyer à l'Ukraine des armes, dont des drones de reconnaissance et des missiles antichar.

Solution négociée

La chancelière allemande Angela Merkel, en visite lundi à Budapest, et son homologue hongrois Viktor Orban ont souligné leur attachement à une solution négociée de la crise ukrainienne. Tous deux excluent une solution militaire. (ats)

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