Jusqu'à un millier de morts au Kénya
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Jusqu'à un millier de morts au Kénya

Une émissaire américaine pressait lundi les leaders politiques kényans de trouver un compromis pour sortir de l'impasse politique née de la contestation des résultats de la présidentielle. Ces violences ont fait 600 morts selon la police, près de 1000 selon l'opposition.

«Nous avons au moins 600 morts (...), certains corps sont toujours dans les campagnes, là où les affrontements ont eu lieu», a déclaré un haut responsable de la police nationale sous couvert d'anonymat. Le gouvernement kényan a de son côté fait état de 486 morts et de 255 686 personnes déplacées dans les violences post- électorales.

Raila Odinga, chef de l'opposition et candidat malheureux à l'élection présidentielle du 27 décembre, a lui évalué à «près d'un millier de morts» le nombre des victimes de ces violences.

«Nettoyage ethnique»

L'annonce de la réélection du président Mwai Kibaki le 30 décembre a été suivie d'un déchaînement de violences notamment dans l'ouest du pays et dans les bidonvilles de Nairobi, où son rival compte de nombreux partisans.

Lundi, onze pays de la sous-région réunis dans la Conférence internationale pour la région des Grands lacs africains (CIRGL) ont estimé que certaines de ces violences s'apparentaient à des actes «de nettoyage ethnique et de génocide».

Parlement convoqué

Mwai Kibaki a invité dans ce contexte Raila Odinga à le rencontrer vendredi afin de tenter de sortir de la crise. Il a aussi annoncé la convocation du Parlement à partir du 15 janvier.

Cette convocation peut aussi bien être interprétée comme un signe d'apaisement envers l'opposition, dans la perspective de la formation d'un gouvernement d'union nationale, que comme celui d'une affirmation de son autorité en tant que vainqueur officiel de la présidentielle.

Le Parlement est issu des élections légistatives du 27 décembre, organisées à la même date que les élections présidentielle et locales.

Au total, l'Assemblée compte 220 députés: 210 élus et 10 nommés en fonction des résultats de chaque parti au scrutin. Sur le papier, le Mouvement démocratique orange (ODM) de Raila Odinga et ses alliés pourraient disposer d'une courte majorité avec 111 élus, selon des projections de la presse kényane.

La diplomatie s'active

Sur le plan diplomatique, la secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, devait rencontrer une nouvelle fois MM. Kibaki et Odinga pour tenter d'élaborer un scénario de sortie de crise, au troisième et dernier jour de ses entretiens à Nairobi.

Mme Frazer a estimé devant la presse que les Kényans avaient été «floués» par leurs «dirigeants et leurs institutions» au cours des élections.

Dans un signe d'apaisement, M. Odinga a décidé après une rencontre avec l'émissaire américaine d'annuler des manifestations prévues mardi dans le pays. Il a expliqué sa décision par la venue du président en exercice de l'Union africaine (UA), John Kufuor. Selon l'opposition, ce dernier, qui doit aussi jouer un rôle de médiateur, est attendu mardi soir.

«Nous avons désormais des garanties que le processus de médiation est sur le point de débuter», a dit le candidat malheureux à la présidence, qui exige que M. Kibaki renonce à ses fonctions et accepte l'organisation d'un nouveau scrutin.

Crise humanitaire

Le Kenia est confronté à une crise humanitaire après une semaine de heurts. Les populations touchées par le déferlement de violences ont besoin d'aide, particulièrement dans la région de la vallée du Rift, où 100 000 personnes relèvent de l'urgence humanitaire, selon l'ONU. (ats)

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