Actualisé 24.03.2015 à 19:11

Genève

Justice engorgée par les délinquants de la route

Via Sicura a donné toujours plus de travail au Ministère public genevois en 2014. Il a été contraint de s'adapter.

de
Julien Culet
A Genève, le nombre de contrôles routiers a augmenté d'un peu plus de 5% en 2014.

A Genève, le nombre de contrôles routiers a augmenté d'un peu plus de 5% en 2014.

La baisse des chiffres de la criminalité en 2014 a été annoncée en grande pompe lundi par le Département genevois de la sécurité. Paradoxalement, le nombre de procédures pénales a pourtant explosé sur la même période, augmentant ainsi de 25%. Le procureur général Olivier Jornot, qui présentait mardi le bilan annuel du pouvoir judiciaire, a justifié cette apparente contradiction par la hausse des infractions à la loi sur la circulation routière (LCR). Celles-ci représentent ainsi plus du tiers des affaires traitées, contre 24% en 2012. «Avec les nouvelles dispositions Via Sicura, ce qui n'était autrefois que du ressort de la contravention est devenu un délit», a ainsi expliqué Olivier Jornot. L'intensification des contrôles policiers a également participé au boom.

Ce surplus de travail pour le Ministère public a été anticipé, avec notamment la création de huit charges de magistrats dans le pénal. L'impact sur le palais de justice, déjà saturé, a toutefois été modéré. Les procédures se terminent en grande majorité par une ordonnance pénale délivrée par un greffier. «Cela évite ainsi de noyer les cabinets des procureurs, qui peuvent se concentrer sur des affaires plus graves», a ajouté le magistrat.

Ce dernier a précisé que sur les 8 110 affaires relatives à la circulation routière, une centaine relève du délit de chauffard, créé par Via Sicura. Le prévenu risque la prison ferme pour un tel chef d'accusation, qui regroupe entre autres les grands excès de vitesse. Le reste des procédures est à mettre à l'actif d'infractions LCR classiques.

Employés davantage présents

Le taux d'absentéisme au pouvoir judiciaire est parmi les plus élevés de l'administration genevoise. Il a toutefois légèrement diminué en 2014. Principal facteur selon les autorités: la création, en octobre, d'une «cellule santé». Celle-ci accompagne notamment les salariés dans leur retour au travail. «Il s'agit de déterminer si le problème était lié à l'emploi ou non et, le cas échéant, de procéder à des aménagements», a expliqué mardi le procureur général.

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