Actualisé 11.04.2011 à 09:47

Guerre en LibyeKadhafi accepte le plan de paix de l'UA

Alors que les combats entre insurgés et forces loyalistes ont fait rage ce week-end, l'Union Africaine affirme que Kadhafi a accepté sa feuille de route.

Sur le plan diplomatique, le régime de Mouammar Kadhafi a accepté la «feuille de route» proposée par l'Union africaine, selon le président sud-africain Jacob Zuma.

«La délégation du frère leader (Kadhafi) a accepté la feuille de route comme nous l'avons présenté», a déclaré Jacob Zuma dans une brève déclaration aux journalistes dans la résidence Bab Al-Aziziya du colonel Kadhafi à Tripoli. «La solution proposée va être détaillée dans un communiqué», a-t-il ajouté.

Selon ce communiqué, lu quelques heures plus tard par le Commissaire à la paix et la sécurité de l'UA, Ramtan Lamamra, la feuille de route proposée par l'UA prévoit la «cessation immédiate des hostilités», la facilitation de l'acheminement de l'aide humanitaire aux populations et le lancement d'un dialogue «entre les parties libyennes» en vue d'une période de transition.

Le dernier point concerne «la protection des ressortissants étrangers y compris les travailleurs africains en Libye», a ajouté M. Laamamra au cours d'une conférence de presse dans la nuit de dimanche à lundi.

Selon le communiqué, la période de transition devrait être acompagnée par des «réformes politiques nécessaires pour l'élimination des causes de la crise actuelle, en prenant en considération les aspirations légitimes du peuple libyen pour la démocratie, les réformes politiques, la justice, la paix et la sécurité, de même que que le développement économique et social»

Discussions avec Kadhafi

A la question de savoir si un départ du pouvoir du colonel Kadhafi a été discuté au cours de la réunion de dimanche, M. Laamamra a déclaré: «Pour être franc avec vous, il y a eu des discussions avec le leader. Mais je ne peux pas parler de ces discussions, d'abord par ce que je n'étais pas une partie (de ces discussions) et puis je pense qu'il faut garder la confidentialité entre les parties» du dialogue.

Depuis le début du soulèvement, le régime libyen a déjà proclamé des cessez-le-feu qui ne se sont pas concrétisés sur le terrain. Ahmad Bani, un porte-parole des insurgés, a rejeté toute possibilité d'accord avec Mouammar Kadhafi.

«Il n'y a pas d'autre solution que la solution militaire car le langage du dictateur est celui de l'anéantissement et les gens qui parlent ce langage ne comprennent que ce langage», a-t-il dit à l'antenne d'Al Djazira.

L'Otan intensifie ses frappes

Sur le terrain, l'Otan a intensifié dimanche ses bombardements contre les forces de Mouammar Kadhafi pour tenter de desserrer leur étau contre la ville de Misrata, dans l'ouest de la Libye, et entraver leur progression dans l'est du pays.

Au moins douze personnes ont par ailleurs péri ce week-end lors d'affrontements sanglants dans et autour d'Ajdabiya, selon des sources médicales. Les dépouilles de neuf rebelles ont été transportées à la morgue d'un hôpital de Benghazi, le fief de la rébellion, situé à 160 kilomètres au nord de la zone d'Ajdabiya. Trois autres décès ont également été constatés dans un autre hôpital de Benghazi.

Les insurgés ont indiqué ce week-end avoir capturé quinze mercenaires algériens à Ajdabiya et en avoir tué trois lors des violents combats de samedi. Les rebelles dénoncent la présence de mercenaires, notamment africains, au sein des forces adverses.

La rébellion a accusé l'Algérie de soutenir M. Kadhafi, affirmant que ce pays «fermait les yeux» sur la venue de ces mercenaires. «C'est triste, a expliqué le porte-parole des rebelles, ils ont (en Algérie) la même sorte de dictature que nous avons ici», a-t-il déploré. (ats)

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