Libye: Kadhafi célèbre ses 40 ans au pouvoir
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LibyeKadhafi célèbre ses 40 ans au pouvoir

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi fêtait avec faste mardi 40 ans de pouvoir sans partage, en présence de dirigeants africains, arabes et d'Amérique latine. L'absence de plusieurs dirigeants occidentaux était toutefois notable.

Ces festivités se déroulent sur fond de polémique, après le tollé suscité par l'accueil triomphal d'Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, condamné pour l'attentat de Lockerbie et libéré par l'Ecosse pour raisons médicales.

Plusieurs dirigeants occidentaux auraient renoncé à faire le déplacement pour éviter la polémique. Mais cette absence ne devrait pas gâcher la fête du colonel Kadhafi qui s'est offert dès lundi soir un spectacle à sa gloire à l'aéroport de Maâtiga, ancienne base militaire américaine à 6 km à l'est de Tripoli.

»Digne de la Coupe du monde»

Le spectacle d'une trentaine de tableaux a démarré vers minuit avec deux heures de musique, illuminations et danse avec la participation de centaines de danseurs et cavaliers de Libye, Tunisie, Maroc, Egypte et Ukraine.

Les festivités devaient atteindre leur apogée mardi soir à 23h00 avec un spectacle de 90 minutes qui devait retracer les 40 années de Kadhafi au pouvoir, en présence de «60 chefs d'Etat ou de gouvernement», selon une source officielle.

La cérémonie, «digne de l'ouverture d'une Coupe du monde de football», selon les organisateurs, aura lieu dans un jardin public au coeur de Tripoli.

Chavez et el-Béchir

En attendant, le colonel Kadhafi et ses invités de marque ont assisté dans l'après-midi sur la place verte, à Tripoli, à un défilé militaire auquel ont participé plusieurs détachements d'armées africaines, arabes et européennes.

Quatre-vingt appareils militaires, dont deux Rafale de l'armée française, se sont livrés à des parades aériennes dans le ciel de Tripoli, ornée pour l'occasion de milliers d'ampoules multicolores et dont les murs ont été placardés de centaines de photos et de slogans à la gloire de Kadhafi.

Etaient notamment présents le président venezuélien Hugo Chavez, le président palestinien Mahmoud Abbas, le président soudanais Omar el-Béchir, l'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, le président yéménite Ali Abdallah Saleh, le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos ou encore le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet.

Plusieurs chefs d'Etat africains ayant participé lundi à un sommet de l'Union africaine sur les conflits en Afrique participaient aussi aux festivités aux côtés d'autres invités, comme le chef d'Etat serbe, Boris Tadic ou la présidente philippine Gloria Arroyo.

Megrahi pas invité

Les festivités interviennent après un double succès diplomatique retentissant du colonel Kadhafi, qui a obtenu le 20 août la libération d'Abdelbaset al-Megrahi et des excuses suisses suite à l'arrestation de son fils Hannibal à Genève.

»Megrahi ne participe ni de près ni de loin aux festivités», a cependant souligné une source officielle.

Invité par le régime libyen à prendre part à cet anniversaire, le sociologue genevois Jean Ziegler a en outre annoncé qu'il avait renoncé à s'y rendre par solidarité envers les deux Suisses retenus à Tripoli depuis juillet 2008.

Doyen des chefs d'État africains

Avant de fêter la révolution qui l'a conduit au pouvoir le 1er septembre 1969, le colonel Kadhafi a célébré dimanche une autre victoire: le premier anniversaire du traité d'amitié conclu avec l'Italie pour solder son passé colonial, avec en prime des excuses inédites de Rome et des compensations à hauteur de cinq milliards de dollars.

Il a posé en compagnie du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi la première pierre d'une autoroute de 1700 kilomètres devant longer les côtes libyennes.

Né en 1942, le colonel Kadhafi a 27 ans quand il renverse le 1er septembre 1969, sans qu'une goutte de sang ne soit versée, le vieux roi Idriss.

Doyen des chefs d'Etat arabes, le «Guide», autoproclamé «roi des rois (traditionnels) d'Afrique», peut désormais se targuer d'un nouveau titre: celui de doyen des chefs d'Etat africains, depuis la mort début juin du Gabonais Omar Bongo Ondimba.

(ats)

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