Sommet de la Ligue arabe: Kadhafi peinera à trouver des alliés contre Berne
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Sommet de la Ligue arabeKadhafi peinera à trouver des alliés contre Berne

Mouammar Kadhafi ne devrait pas manquer une nouvelle occasion d'attaquer la Suisse. Mais il devrait avoir de la peine à trouver des alliés dans sa croisade, estime le chercheur genevois Hasni Abidi.

Tripoli risque d'avoir de la peine à faire passer une déclaration anti-suisse dans la déclaration finale du sommet.

Tripoli risque d'avoir de la peine à faire passer une déclaration anti-suisse dans la déclaration finale du sommet.

La Libye accueille ce week-end le sommet des chefs d'Etats de la Ligue arabe.

Le leader libyen «profite de chaque sommet pour faire son numéro». Mais pour lui, la réunion prévue samedi et dimanche à Syrte «sera un peu le sommet de tous les dangers», estime le directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) dans une interview publiée vendredi par «Le Temps».

Selon lui, il risque d'y avoir beaucoup de défections de dernière minute, dont «la plupart des rois» et les présidents égyptien Hosni Moubarak - convalescent après une ablation de la vésicule biliaire - , palestinien Mahmoud Abbas ou irakien Jalal Talabani. «Certains chefs d'Etats préfèreront s'abstenir plutôt que d'assister à de longues diatribes qu'ils ne partagent pas», estime M. Abidi.

Pas de déclaration anti-suisse

En outre, Tripoli risque d'avoir de la peine à faire passer une déclaration anti-suisse dans la déclaration finale du sommet, d'autant plus que Berne vient de se déclarer prête à lever sa «liste noire» de ressortissants libyens.

Les ministres des affaires étrangères de 17 pays membres de la Ligue arabe avaient exprimé le 3 mars leur solidarité envers la Libye et critiqué la liste noire de la Suisse, considérée comme «raciste». Pour Hasni Abidi, il s'agissait là d'un «service minimum» face à l'insistance de Tripoli.

«Mais, si un tel communiqué était validé par les chefs d'Etats, ce serait inquiétant», estime le chercheur genevois. «Cela voudrait dire que le conflit entre Berne et Tripoli prendrait une importance aussi grande que le conflit israélo-palestinien».

Guerre de pouvoir à Tripoli

Le régime libyen a lancé une véritable offensive diplomatique et médiatique contre la Confédération ces dernières semaines. Mouammar Kadhafi a appelé le 26 février au «jihad» contre la Suisse et plusieurs ambassadeurs libyens en Europe ont organisé des conférences de presse pour dénoncer l'attitude de la Suisse.

Pour Hasni Abidi, la crise avec la Suisse est devenue «un véritable enjeu de politique intérieure en Libye». Elle montre «avec éclat» la difficulté du régime libyen à réussir «sa réhabilitation d'un pays voyou à un Etat respecté». Et elle témoigne de la difficulté des réformateurs à s'imposer face au clan conservateur. (ats)

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