Kampusch révoltée par des révélations sur sa détention
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Kampusch révoltée par des révélations sur sa détention

L'avocat de Natascha Kampusch, Gerald Ganzger, a annoncé lundi avoir porté plainte contre un journal viennois qui a dévoilé la semaine dernière des détails intimes de la captivité de la jeune Autrichienne séquestrée durant plus de huit ans par un déséquilibré.

M. Ganzger a qualifié de "minable" la publication, vendredi dans le quotidien gratuit Heute, de ces informations, et souligné qu'elle violait la protection de la vie privée de sa cliente.Enlevée à l'âge de 10 ans sur le chemin de l'école à Vienne, en mars 1998, Natascha Kampusch s'était évadée le 26 août 2006 du pavillon de banlieue où son ravisseur, Wolfgang Priklopil, la séquestrait dans une cellule souterraine.Elle a toujours souhaité garder pour elle le détail des liens ambivalents noués avec lui au cours de ses longues années de détention et indiqué qu'elle veillerait scrupuleusement au respect de sa vie privée.Mais sous couvert de chercher à établir si Priklopil, qui s'est suicidé le soir même de l'évasion, avait bénéficié de complicités, Heute a livré de larges extraits de procès-verbal sur l'intimité de sa séquestration. Cette démarche a été largement décriée en Autriche.Au cours de l'enquête, le parquet avait veillé à mettre sous scellés tous les éléments -témoignages et films tournés par Priklopil- touchant à la vie privée de la victime, pour limiter au maximum les fuites dans les médias.Heute a toutefois eu accès à un procès-verbal où la policière qui avait interrogé la jeune femme immédiatement après son évasion, Sabine Freudenberger, retraçait les grandes lignes de sa déposition.Cet élément fait partie d'un dossier remis récemment à une commission d'enquête parlementaire cherchant à faire la lumière sur de présumés dysfonctionnements au cours de l'enquête policière."Une plainte contre X sera également déposée pour violation du secret professionnel. Ce document n'aurait jamais dû être rendu accessible", a indiqué Me Ganzger à l'agence APA.La justice autrichienne avait conclu à l'automne 2006 que Prikopil avait agi seul et l'enquête avait été close.Des proches du dossier, dont le père de la victime, Ludwig Koch, restent cependant persuadés que le déséquilibré avait bénéficié de complicités et qu'il avait oeuvré dans le cadre d'un réseau.

(AFP)

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