Actualisé 25.07.2008 à 16:02

Karadzic tente de retarder au maximum son extradition

Son avocat a fait savoir qu'il comptait attendre la dernière minute afin de retarder au maximum le processus d'extradition vers le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de La Haye.

Il a jusqu'au plus tard vendredi à minuit pour faire appel. Une fois la demande reçue, des juges se réuniront pour examiner la demande de M. Karadzic, est poursuivi pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pendant la guerre de Bosnie, et rendre leur décision, a expliqué Ivana Ramic, porte-parole du tribunal serbe. Après cela, le dossier sera remis au gouvernement serbe, qui délivre l'ordre final d'extradition.

Sveta Vujacic, l'avocat de Karadzic, a fait part de son intention d'envoyer l'appel cinq minutes avant la fermeture des bureaux de poste vendredi à 20h (18h GMT) afin de retarder au maximum le processus. D'après lui, Karadzic ne devrait donc pas être extradé avant mercredi.

Sous le coup de 11 chefs d'accusation à La Haye, notamment pour génocide et crimes contre l'humanité, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie a échappé pendant près de 13 ans à la justice, avant d'être arrêté lundi près de Belgrade, selon les autorités.

Sveta Vujacic affirme pour sa part que Radovan Karadzic a été appréhendé la semaine dernière et tenu au secret pendant trois jours par des ravisseurs, dont on ignore l'identité.

L'avocat a déposé une plainte contre les ravisseurs présumés de M. Karadzic. Dans le cadre de la procédure engagée, un procureur s'est entretenu sur ce sujet avec l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie vendredi, pendant plus d'une heure et demie, selon M. Vujacic.

M. Ramic, porte-parole du tribunal, a assuré que «toutes les circonstances importantes» sont prises en compte dans la procédure d'extradition.

M. Vujacic a également réaffirmé que son client prévoyait d'assurer lui-même sa défense devant devant le TPIY, comme l'avait fait son mentor, l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic. Ce dernier est mort en 2006 alors qu'il était jugé pour génocide.

Par ailleurs, un quotidien autrichien a affirmé dans son édition de vendredi qu'au cours de sa clandestinité, Radovan Karadzic aurait travaillé à Vienne comme «guérisseur miracle».

Le «Kurier» cite un couple marié selon qui l'ancien homme fort bosno-serbe se faisait appeler «Pera» et recevait ses patients chez des Serbes vivant dans la capitale autrichienne.

Le couple, dont les noms ont été changés pour protéger leurs identités, affirme qu'il a eu recours à ses services après avoir tenté en vain d'avoir un enfant. Selon «Kurier», leur première rencontre avec Karadzic a eu lieu à la mi-2006. Le journal précise que Karadzic aurait vécu chez des familles serbes de Vienne et ne restait jamais plus de trois jours à chaque fois.

En Serbie, le quotidien «Vecernje Novosti» a rapporté quant à lui que Karadzic lisait la bible depuis le début de sa détention, ne buvant que de l'eau et mangeant du pain complet.

Par ailleurs, Raffi Gregorian, l'adjoint du Haut-représentant de la communauté internationale en Bosnie Miroslav Lajcak, a déclaré vendredi que diverses options étaient examinées à propos des moyens de saisir les biens de Karadzic afin que des fonds puissent être versés aux victimes d'atrocités commises durant le conflit bosniaque.

Les victimes qui ont fui vers les Etats-Unis au cours de la guerre (1992-95) qui a fait plus de 100.000 morts ont cherché à obtenir des compensations auprès de Karadzic par le biais du Centre pour les droits constitutionnels basé à New York. Un jury a décidé en 2000 de l'octroi de 4,5 milliards de dollars. (ap)

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