Athlétisme: Kariem Hussein: «Je ne réalise pas encore»
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AthlétismeKariem Hussein: «Je ne réalise pas encore»

Le Thurgovien, champion d'Europe sur 400m haies, n'arrivait pas à croire qu'il avait remporté la finale, vendredi soir sur la piste du Letzigrund.

par
Jean-Philippe Pressl-Wenger
Zurich

Pudique, «le Pharaon» a réussi à retenir ses larmes jusqu'au moment du podium où toute la pression est ressortie. Avant cela, il avait pris le temps de répondre aux questions des médias.

Kariem Hussein, aviez-vous imaginé que tout se passe aussi bien pour vous ici à Zurich?

Je ne sais pas. Croire à une médaille n'était pas vraiment réaliste. Je savais juste que j'étais prêt à tout donner pour décrocher quelque chose. J'ai fait mes premiers championnats de Suisse il y a seulement 5 ans. Et là, dans mon stade du Letzigrund, je suis champion d'Europe. C'est juste incroyable. Je n'arrive pas encore à réaliser ce que j'ai réussi là.

Vous êtes longtemps resté à genoux après la course. A quoi avez-vous pensé?

Je n'y croyais pas, j'avais tellement de trucs en tête à ce moment-là. Et durant un long moment, je n'ai pas su comment réagir.

Aviez-vous imaginé un tel scénario?

Après deux bonnes courses en qualifications et en demi-finale, je n'imaginais pas une finale comme ça. Mais ma demi-finale a été un déclic. Être capable de revenir en fin de course sur un gars qui avait récemment fait troisième aux Mondiaux m'a donné une sacré dose de confiance en moi.

Est-ce pour cela que vous êtes resté extrêmement calme et concentré?

J'ai réussi à rester cool, à ne jamais trop verser dans l'émotionnel, c'est vrai. J'ai réussi à préparer cette course normalement. Comme si c'était l'une ou l'autre des compétitions. Dans le cadre de mes études de médecine j'ai déjà dû gérer des situations de stress, peut-être que ça m'a aidé mentalement, psychiquement.

Et vous avez donc su gérer cette pression au mieux...

Non, pas vraiment. J'ai tenu jusqu'à deux heures avant la course. Ensuite j'ai vraiment eu des sensations bizarres dans les jambes. Mais j'avais peut-être besoin de ça. Peut-être que dans ce genre d'événement ça doit se passer comme ça. En tout cas, ça s'est bien passé (rires)!

Qu'est ce qui a été le plus dur, de chanter l'hymne national sur le podium ou de gagner la course?

Il y avait beaucoup d'émotions. Je connais les paroles, mais je n'ai pas pu chanter car je pleurais. Le public m'a aidé et j'ai chanté un peu pour moi ce que je pouvais en serrant ma médaille.

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