Actualisé 21.04.2020 à 16:09

Coronavirus au Royaume-Uni

«Ce chaos absolu est un énorme scandale»

Le Royaume-Uni est frappé de plein fouet par la pandémie de Covid-19. Une situation qui aurait pu être évitée, selon Ken Loach, qui dénonce, sur France Inter, la privatisation des services de santé.

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CoverMedia
Le réalisateur lors du dernier festival de Cannes, qui d'ailleurs n'aura pas lieu en mai cette année.

Le réalisateur lors du dernier festival de Cannes, qui d'ailleurs n'aura pas lieu en mai cette année.

AFP/Sebastien Berda

Alors que plus de 16'500 personnes sont décédées en date du 21 avril du Covid-19 au Royaume-Uni, Ken Loach a dénoncé, un «énorme scandale» dans la gestion de la NHS, le service de santé public, par les gouvernements successifs. «Cette crise a révélé un chaos absolu, qui devrait nous amener à exiger que, à l'avenir, cette offre relève du service public», a confié le réalisateur à France Inter.

Le cinéaste pointe en effet du doigt la privatisation massive du service public, surtout en ce qui concerne la santé. «Les maisons de retraite sont détenues par des sociétés privées. Et les soignants sont employés par des sociétés privées. Ils y travaillent au jour le jour, sans contrat sur la durée, parfois via des boîtes d'intérim. Ils touchent le salaire minimum et, souvent, n'ont aucune garantie horaire. Ils peuvent être appelés ou renvoyés dans la minute. Et pourtant, on leur demande de mettre leur vie en danger, sans équipement de protection, pour prendre soin de personnes par ailleurs très vulnérables.»

«L'idéologie de la droite»

Il a ajouté: «Malheureusement, nous avons (au Royaume-Uni) un gouvernement de droite, et les gouvernements de droite croient en l'économie de marché. Leurs politiques ont toujours consisté à promouvoir le libre marché dans la santé. Ils démantèlent le service public au profit d'entreprises privées. Leur idéologie, c'est la privatisation, et pas la propriété collective. Mais cette crise expose l'échec de cette approche.»

Si Ken Loach a peu d'espoir sur un changement politique, il est beaucoup plus optimiste en ce qui concerne la population. «Pendant la crise, les gens sont devenus de bons voisins. Ils se préoccupent de la personne qui habite à côté, du vieillard au coin de la rue, ils prennent soin des enfants. L'air est plus pur. C'est comme si on était responsable les uns des autres. (…) Rien ne changera si nous n'avons pas des responsables politiques qui tirent les leçons de ce que nous ont appris ces derniers mois. Il faut que notre système reflète les valeurs qui nous ont animés. Sinon, les choses ne changeront pas», termine-t-il.

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