Actualisé 24.06.2013 à 08:26

Afghanistan

Kerry veut apaiser les craintes de l'Inde

Le secrétaire d'Etat américain va tenter lundi d'apaiser les inquiétudes de l'Inde sur le départ programmé des troupes américaines en plaidant pour un plus grand rôle de New Delhi dans la région.

John Kerry est en visite en Inde depuis dimanche.

John Kerry est en visite en Inde depuis dimanche.

M. Kerry devait rencontrer le Premier ministre, Manmohan Singh, et d'autres dirigeants indiens quelques jours après que les Etats-Unis ont maladroitement annoncé de prochaines négociations de paix avec les talibans, grâce à leur nouveau bureau de représentation au Qatar, avant d'annoncer que Washington n'était pas encore prêt à rencontrer des représentants des insurgés, ennemis jurés de l'Inde.

Lors d'un discours à son arrivée dans la capitale fédérale indienne dimanche, le chef de la diplomatie américaine a assuré dimanche que les Etats-Unis étaient «très réalistes» sur les difficultés en Afghanistan et reconnu qu'«il faudra sans doute longtemps pour parvenir à un accord» avec les talibans.

«Soyons clairs, tout accord politique doit nécessairement se traduire par une rupture entre les talibans et al-Qaida, le renoncement à la violence, et l'acceptation de la Constitution afghane, notamment en ce qui concerne la protection de tous les Afghans, hommes et femmes», a-t-il affirmé. «L'Afghanistan ne doit pas redevenir un sanctuaire pour le terrorisme international», a insisté M. Kerry.

100'000 hommes sur le départ

Les Etats-Unis et ses alliés s'apprêtent à retirer 100'000 hommes l'an prochain, mettant un terme à un conflit de près de douze ans de plus en plus impopulaire.

M. Kerry a dit souhaiter un plus grand rôle de l'Inde en Afghanistan, jugeant que la «plus grande démocratie du monde» devrait jouer un «rôle central» à la présidentielle afghane en 2014 au cours de laquelle les électeurs devront choisir un remplaçant à Hamid Karzaï, juste avant le retrait des troupes étrangères.

Mais M. Kerry, qui a reporté un voyage au Pakistan, pays voisin et rival de l'Inde, pour se concentrer sur la crise en Syrie, a aussi fait valoir son soutien en faveur d'une réconciliation entre l'Inde et le Pakistan, qui se sont mené trois guerres depuis leur indépendance simultanée en 1947, dont deux portant sur la région disputée du Cachemire.

Il a ainsi salué les appels du nouveau Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, à accroître leurs échanges commerciaux bilatéraux, encore très modestes.

Améliorer les relations avec le Pakistan

M. Kerry, ancien sénateur et candidat à la présidentielle, a longtemps oeuvré pour améliorer les difficiles relations entre les Etats-Unis et le Pakistan, militant notamment en faveur de l'attribution d'une aide au Pakistan d'un montant de plusieurs milliards de dollars.

Son rôle majeur dans l'attribution de cette aide pour stimuler l'économie et les infrastructures du Pakistan avait provoqué un malaise dans certains milieux indiens.

C. Raja Mohan, un éditorialiste du quotidien Indian Express, écrivait lundi que «les efforts de M. Obama pour se lier d'amitié avec la Chine pour stabiliser l'Asie et rechercher l'aide de l'armée pakistanaise dans le retrait d'Afghanistan a introduit une dose d'ambiguïté dans les relations bilatérales entre l'Inde et les Etats-Unis». (afp)

L'envoyé spécial américain va rencontrer le président Karzaï

James Dobbins, doit s'entretenir lundi à Kaboul avec le président afghan Hamid Karzaï sur les négociations de paix avec les talibans, a indiqué à l'AFP un haut responsable afghan.

M. Dobbins va «rencontrer le président aujourd'hui», a affirmé lundi matin cette source sous couvert d'anonymat.

La visite de M. Dobbins intervient dans un contexte de tensions entre Washington et Kaboul après l'ouverture officielle, mardi dernier, d'un bureau de représentation politique des rebelles talibans afghans à Doha (Qatar).

M. Karzaï n'avait guère apprécié que Washington annonce l'envoi d'émissaires à Doha quelques heures après l'ouverture de ce bureau dont il conteste la légitimité.

Washington a, depuis, fait marche arrière et le secrétaire d'Etat John Kerry a averti samedi, lors d'une visite à Doha, que les Etats-Unis n'étaient pas encore prêts à rencontrer des représentants talibans.

La rencontre entre MM. Karzaï et Dobbins pourrait apaiser la situation et pousser Kaboul, qui a menacé de boycotter toute négociation à Doha, à reconsidérer sa position, selon Ismael Qasimyar, un haut responsable du Haut conseil pour la paix (HCP), une instance gouvernementale créée par M. Karzaï pour tenter de rallier les talibans à la paix.

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