Actualisé 04.07.2013 à 12:16

France

Kerviel perd aux prud'hommes

Le financier français Jérôme Kerviel a été débouté devant un tribunal, jeudi.

Le trader français a, à plusieurs reprises, outrepassé son mandat entre 2005 et 2008.

Le trader français a, à plusieurs reprises, outrepassé son mandat entre 2005 et 2008.

Les prud'hommes ont rejeté jeudi la demande d'expertise formulée par Jérôme Kerviel sur les conditions de la perte subie par la Société Générale en 2008. Ils ont fixé la prochaine audience de jugement au 24 mars 2014.

L'ancien financier a reçu le soutien ostensible du coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, pour qui «il est innocent de ce dont on l'accuse».

Le fondement des demandes d'expertise réclamées par Jérôme Kerviel a été considéré comme illégitime, a indiqué à l'AFP l'un des conseils de la Société Générale, Me Arnaud Chaulet. «Je suis déçu», a commenté Jérôme Kerviel à la sortie de l'audience. «J'aurais bien aimé pouvoir avoir cette expertise pour sortir de ce calvaire, parce que je commence vraiment à en avoir marre. Je suis dégoûté.»

«Je sais qu'il n'y a eu aucune perte, il n'y a jamais eu de perte de cinq milliards d'euros à la Société Générale», avait martelé, avant l'audience, l'ancien trader, licencié en 2008 pour faute lourde et actuellement sans emploi.

Avant l'audience du 24 mars 2014, Jérôme Kerviel pourra de nouveau formuler une demande motivée d'expertise devant le bureau de jugement.

Soutien de Jean-Luc Mélenchon

Auparavant, Jérôme Kerviel et Jean-Luc Mélenchon, qui se sont retrouvés devant le bâtiment avant l'audience de la juridiction sociale, s'étaient chaleureusement salués avant d'entamer une discussion devant une forêt de micros et de caméras, provoquant une bousculade.

Pour l'ancien candidat à l'élection présidentielle, venu avec plusieurs militants du Parti de gauche, «c'est un cas exemplaire de la façon dont la finance joue avec la vie des gens».

«Votre soutien me fait chaud au coeur, merci infiniment», a lancé Jérôme Kerviel, muni d'un micro, aux personnes présentes pour le soutenir, essentiellement des militants du Parti de gauche.

«Ils refusent l'expertise ? Justice pour Kerviel! Justice pour Kerviel!», a crié un militant, immédiatement accompagné par plusieurs autres.

Pour la défense de Jérôme Kerviel, cette demande d'expertise était essentielle car elle devait permettre d'apporter de nouveaux éléments sur la perte enregistrée par la Société Générale, en janvier 2008.

Cinq ans de prison

Déjà jugé au pénal, Jérôme Kerviel a été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, ainsi qu'à verser 4,9 milliards d'euros (environ 6 milliards de francs) de dommages et intérêts à son ancien employeur.

Le jugement de première instance, rendu en octobre 2010, a été confirmé en appel, en octobre 2012. L'ancien trader s'est pourvu en cassation. Il a été laissé libre dans l'attente de l'examen de ce pourvoi, qui pourrait avoir lieu à l'automne.

L'ancien salarié de la Banque de La Défense a, à plusieurs reprises, outrepassé son mandat de trader entre 2005 et 2008. Lorsque la banque y a mis fin, dans les derniers jours du mois de janvier 2008, Jérôme Kerviel avait exposé l'établissement à hauteur de 49 milliards d'euros environ.

L'extinction de cette exposition s'est faite dans des conditions de marché très difficiles avec, à la clé, une perte de 6,3 milliards d'euros, ramenée à 4,9, car Jérôme Kerviel avait accumulé, fin 2007, un gain de 1,4 milliard d'euros selon les mêmes procédés.

L'ex-trader conteste ce scénario, qui a servi de fondement à sa condamnation en première instance et en appel.

Outre l'action devant les prud'hommes et le pourvoi en cassation, la défense de Jérôme Kerviel a ouvert, mi-juin, un troisième front judiciaire en déposant plainte pour «faux et usage de faux» contre la Société Générale.

Cette action est en lien avec les enregistrements réalisés lors des entretiens entre l'ancien trader et sa hiérarchie, immédiatement après la découverte de sa situation. (ats/afp)

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