Ukraine: Kiev et Moscou vont travailler main dans la main
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UkraineKiev et Moscou vont travailler main dans la main

L'Ukraine et la Russie ont convenu de travailler à l'adoption d'un accord sur une nouvelle trêve, a annoncé lundi Paris à quelques heures de l'expiration du très fragile cessez-le-feu.

Vladimir Poutine et Petro Porochenko sont convenus lundi de travailler à un nouveau cessez-le-feu entre l'armée ukrainienne et les séparatistes dans l'est de l'Ukraine.

Les présidents russe et ukrainien ont aussi accepté le principe d'un mécanisme de contrôle de la frontière russo-ukrainienne.

Cette annonce est survenue à quelques heures seulement de l'expiration d'un très fragile cessez-le-feu. Elle a été faite à Paris par l'Elysée à l'issue d'un entretien téléphonique à quatre incluant les présidents russe et ukrainien, le Français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel. Les mêmes dirigeants s'étaient déjà longuement parlé mercredi et dimanche.

A l'issue d'une conversation d'une heure trente environ, le président ukrainien et le président russe sont convenus de travailler sur cinq points, dont en premier chef «l'adoption d'un accord sur un cessez-le-feu bilatéral entre les autorités ukrainiennes et les séparatistes», selon le communiqué de la présidence française.

Toujours selon Paris, les présidents russe et ukrainien sont également convenus de travailler à l'«établissement rapide, avec l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), d'un mécanisme effectif de contrôle de la frontière» et la poursuite des libérations d'otages et de prisonniers des deux côtés, sur la base des listes de noms établies.

L'Elysée annonce une réunion, ce lundi encore, du groupe de contact «pour trouver un accord sur la mise en oeuvre de ces différents points». Les ministres des Affaires étrangères russe et ukrainien s'y joindront. Le groupe de contact réunit un ancien président ukrainien, l'ambassadeur russe à Kiev et des membres de l'OSCE.

Décision avant 21h00

Le cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine avait été décrété par Kiev le 20 juin et accepté ensuite par les rebelles. Il a été violé à plusieurs reprises au cours de combats sporadiques. Vendredi, il a été prolongé de 72 heures alors que d'intenses négociations s'engageaient entre Kiev, Moscou - accusé de soutenir les séparatistes - Berlin et Paris.

La trêve devait prendre fin lundi soir. La décision sur la prolongation ou non du cessez-le-feu devait être prise avant l'heure de son expiration, soit avant 21h00, avait annoncé auparavant le porte-parole du Conseil national de sécurité ukrainien, Andreï Lysenko.

Vladimir Poutine a insisté pendant la conférence téléphonique pour que ce cessez-le-feu soit à nouveau prolongé, a indiqué le Kremlin dans un communiqué publié à quelques heures de la fin de la trêve. Il a souligné également l'importance «d'un mécanisme fiable de contrôle de la trêve sous l'égide active de l'OSCE».

S'exprimant après la conversation téléphonique, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a lui déclaré à la télévision nationale russe que Moscou était prêt à autoriser la présence d'observateurs de l'OSCE et de gardes-frontière ukrainiens du côté russe de la frontière, en vue d'une surveillance conjointe.

Troisième round de négociations

M. Poutine a encore souligné que l'ensemble des «leaders se sont prononcés pour l'organisation urgente d'un troisième round de consultations entre les représentants de Kiev» et les insurgés, ajoute le Kremlin.

La présidence française a confirmé que Vladimir Poutine et Petro Porochenko ont, de fait, accepté de lancer des négociations «tripartites substantielles» impliquant séparatistes, autorités ukrainiennes et OSCE.

En Ukraine toutefois, l'opinion publique semble favorable à la reprise des opérations militaires contre les séparatistes. Elle estime en effet que la suspension des combats permet à ces derniers de recevoir de nouveaux renforts de Russie.

Journaliste tué

Pendant ce temps, sur le terrain, un journaliste russe a été tué par balles dans l'est de l'Ukraine, a annoncé lundi son employeur, la première chaîne de la télévision publique russe. Il s'agit du troisième journaliste russe tué depuis le début du conflit.

(ats/afp)

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