Guerre en Ukraine : Avec des missiles longue portée, Kiev pense l’emporter dans l’année 

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Guerre en Ukraine Avec des missiles longue portée, Kiev pense l’emporter dans l’année 

La présidence ukrainienne estime pouvoir s’imposer face à l’armée russe en 2023 si elle reçoit davantage d’armes, notamment de plus de 100 kilomètres de portée.

Des soldats ukrainiens manient un canon Caesar, fourni par la France (photo du 28 décembre 2022). 

Des soldats ukrainiens manient un canon Caesar, fourni par la France (photo du 28 décembre 2022). 

AFP

L’Ukraine pourra remporter la guerre dans l’année si les Occidentaux lui livrent davantage d’armes, notamment des missiles de plus de 100 kilomètres de portée, a estimé auprès de l’AFP Mykhaïlo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne, promettant que ces systèmes ne serviront pas à attaquer le territoire russe.

«Seuls les missiles d’une portée de plus de 100 kilomètres nous permettront d’accélérer de manière significative la désoccupation des territoires», ce qui conduira à la fin de la guerre «soit à la fin du printemps, soit au début de l’été, soit à l’été, soit probablement à l’automne», a déclaré Mykhaïlo Podoliak à l’AFP, dans un entretien, mercredi après-midi.

Viser les dépôts d’armes 

Ce type de missiles permettra à l’armée ukrainienne d’atteindre les dépôts d’armes russes que Moscou a transférés loin du front dans les territoires occupés, afin de les mettre hors de portée des systèmes dont disposent actuellement les forces ukrainiennes, a-t-il expliqué.

Les Ukrainiens qui utilisent déjà de redoutables systèmes américains HIMARS (portée de 80 kilomètres) et viennent de recevoir leur équivalent français, des lance-roquettes unitaires (LRU) (environ 70 kilomètres) réclament des missiles américains ATACMS, d’une portée de 300 kilomètres.

Pas contre le territoire russe 

Avec des armes d’une plus longue portée, «nous allons détruire toute l’infrastructure militaire de l’armée russe dans les territoires occupés, y compris dans le Donbass» (est de l’Ukraine) et en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014, a fait valoir Mykhaïlo Podoliak. Pour autant, l’Ukraine n’attaquera pas des cibles sur le territoire russe, une fois qu’elle aura obtenu les armes de longues portée, a-t-il assuré.

Risque d’enlisement 

«Nous n’attaquerons pas la Russie. Nous menons une guerre exclusivement défensive», a-t-il souligné, prévenant que sans livraisons massives d’armes lourdes occidentales accrues, la guerre risque de durer pendant «des décennies». Outre les missiles, Kiev a aussi besoin de blindés, notamment de «chars lourds», comme des Leopard allemands que l’Ukraine réclame à Berlin, et d’artillerie à canon.

«La France nous livre déjà des chars légers. C’est très bien. Mais nous voulons toujours obtenir 250 à 300 à 350 chars lourds», a détaillé le responsable. Les besoins prioritaires de Kiev incluent aussi davantage d’obus de calibre 155 millimètres, de drones de combat capables de mener des attaques en profondeur de territoires occupés et de moyens de défense anti-aérienne, dont des blindés anti-aériens allemands Guépard, a-t-il poursuivi.

Circonscrire la guerre 

Selon lui, les Européens et Américains pourraient bientôt accélérer les livraisons, car ils ont «compris» que c’est la clé du conflit. «Nos partenaires ont clairement compris aujourd’hui que le transfert d’armes à l’Ukraine en quantités suffisantes permettra de circonscrire cette guerre aux territoires occupés», a-t-il insisté.

Protéger les infrastructures énergétiques 

En outre, l’arrivée de nouveaux systèmes de défense antiaériens, comme les Patriots américains et allemands ou les Crotales français, vont pouvoir neutraliser sous peu la menace que représentent les campagnes de bombardements russes contre les installations énergétiques ukrainiennes. «On arrivera à fermer notre ciel en l’espace d’un mois», a-t-il dit, jugeant que l’Ukraine pourra bientôt abattre 95% des missiles tirés par la Russie, au lieu de 75% actuellement. 

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(AFP)

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