Crise en Ukraine: Kiev se rapproche toujours plus de l'Otan
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Crise en UkraineKiev se rapproche toujours plus de l'Otan

Le Parlement ukrainien a décidé mardi de renoncer au statut de non-aligné du pays pour s'acheminer progressivement vers une adhésion à l'organisation occidentale.

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14.04 Les autorités de la péninsule de Crimée annexée en mars 2014 par la Russie ont interdit mercredi l'assemblée des Tatars de Crimée, le Medjlis.

14.04 Les autorités de la péninsule de Crimée annexée en mars 2014 par la Russie ont interdit mercredi l'assemblée des Tatars de Crimée, le Medjlis.

Reuters
03.03 Les civils vivant dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk évoquent un «isolement physique, politique, social et économique», relève le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein dans son rapport publié ce jeudi à Genève.

03.03 Les civils vivant dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk évoquent un «isolement physique, politique, social et économique», relève le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein dans son rapport publié ce jeudi à Genève.

Keystone
20.02 Les Ukrainiens commémorent la répression du Maïdan, survenue il y a deux ans.

20.02 Les Ukrainiens commémorent la répression du Maïdan, survenue il y a deux ans.

epa/Roman Pilipey

L'Ukraine a fait mardi un pas supplémentaire vers l'OTAN en renonçant à son statut de pays non-aligné à la veille de la reprise de difficiles négociations de paix entre Kiev et la rébellion prorusse de l'est du pays. Cette décision a aussitôt été dénoncée par Moscou.

Le parlement ukrainien dominé par les pro-Occidentaux a voté à une vaste majorité de 303 députés en faveur d'un projet de loi qui engage Kiev à «remplir les critères nécessaires pour l'adhésion à l'Alliance atlantique». Seules huit voix se sont élevées contre.

Le président ukrainien Petro Porochenko avait expliqué la nécessité de ce texte par l'«agression» militaire russe contre l'Ukraine. Il doit désormais promulguer cette loi.

Face à l'«annexion illégale» par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars et l'«intervention militaire» russe dans l'est de l'Ukraine, cette ex-république soviétique doit «rechercher des garanties plus efficaces pour (...) la sécurité et l'intégrité territoriale» du pays, souligne la note d'analyse accompagnant le projet de loi.

Engager un «dialogue»

Si le parcours de l'Ukraine en vue d'une entrée dans l'OTAN s'avère ardu et le vote de mardi reste largement symbolique, Moscou a d'ores et déjà promis de «réagir».

La décision de l'Ukraine est «absolument contre-productive» et ne fera qu'«exacerber le climat de confrontation», a souligné le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. «De facto, il s'agit d'une demande d'adhésion à l'OTAN, ce qui transforme l'Ukraine en un adversaire militaire potentiel de la Russie» qui sera contrainte de «réagir», a déclaré ainsi lundi soir sur sa page Facebook le premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

L'émissaire de Moscou auprès de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a parlé d'un choix «inamical» qui va «ajouter aux nuisances» dans les relations entre Kiev et Moscou.

M. Lavrov a exhorté mardi Kiev à «reconnaître les rebelles comme des interlocuteurs légitimes» et à engager un «dialogue» politique avec eux pour trouver une «solution» au conflit via une «réforme constitutionnelle».

Rencontre confirmée

Ces nouvelles tensions interviennent à la veille d'une nouvelle session de négociations de paix entre Kiev et les rebelles prorusses. Sa tenue mercredi et vendredi à Minsk a été annoncée la veille par le président Porochenko.

L'information sur la rencontre des représentants ukrainiens, russes, rebelles et ceux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a finalement été confirmée mardi par l'OSCE, les séparatistes et les autorités bélarusses.

Quatre dossiers seront abordés à Minsk, dont le cessez-le-feu total, le retrait des armes lourdes, l'échange de tous les prisonniers et la livraison d'aide humanitaire dans la zone sous contrôle rebelle, a précisé à Kiev la représentante de l'OSCE pour ce conflit Heidi Tagliavini, citée par Interfax-Ukraine.

Amnistie pour certains combattants

Les rebelles souhaitent discuter de «la levée du blocus économique» de ces territoires dont Kiev a arrêté tout financement depuis la mi-novembre. Ils souhaitent également aborder la mise en oeuvre des lois ukrainiennes qui prévoient davantage d'autonomie pour cette zone, ainsi que l'amnistie pour certains combattants rebelles, a indiqué le représentant séparatiste, Denis Pouchiline, cité par Interfax.

Si les protagonistes parviennent à se mettre d'accord, des documents formels pourraient être signés au cours de leur prochaine rencontre vendredi à Minsk, selon le leader séparatiste Igor Plotnitski, cité par son service de presse.

Kiev a jusqu'à présent catégoriquement refusé de renouveler le financement des régions rebelles exigeant de son côté l'annulation du vote séparatiste de novembre dans les deux «républiques» séparatistes autoproclamées.

Explosion d'un pont ferroviaire

Sur le terrain, le cessez-le-feu instauré le 9 décembre était globalement respecté mardi. Kiev a fait état de trois soldats blessés en 24 heures et d'aucun mort. Mais la tension est montée après l'explosion dans la nuit d'un pont ferroviaire à Marioupol, seule grande ville de la région de Donetsk encore contrôlée par Kiev. (ats)

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