Crise en Ukraine: Kiev: un «oui» dans l'Est provoquera le chaos
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Crise en UkraineKiev: un «oui» dans l'Est provoquera le chaos

Le président ukrainien par intérim Oleksander Tourtchinov a exhorté samedi les électeurs à ne pas voter «oui» au référendum d'autodétermination prévu dimanche dans l'est du pays.

Un tel vote risquerait selon lui de déclencher un chaos économique et social. Le chef du pouvoir à Kiev, qui juge illégal ce scrutin organisé dans les régions russophones de Donetsk et Louhansk, demande aux populations concernées de participer plutôt à des «tables rondes» pour envisager une autonomie accrue.

Quels qu'ils soient, les résultats de ce scrutin, dont l'organisation manque de rigueur - l'authenticité des listes électorales et bulletins de vote n'a pas été vraiment contrôlée - risquent d'entraîner le pays vers la guerre civile.

Un pas vers l'abîme

Une sécession d'avec l'Ukraine «serait un pas vers l'abîme pour ces régions», écrit M. Tourtchinov sur son site internet. «Ceux qui sont pour l'autodétermination ne comprennent pas que cela équivaudra à une destruction totale de l'économie, des programmes sociaux et de la vie en général pour la majorité de la population de ces régions».

Dans les villes de l'Est, l'atmosphère restait tendue samedi, mais aucun affrontement n'avait lieu. A Marioupol, où entre sept et vingt personnes ont été tuées la veille dans des combats acharnés, les rebelles ont érigé des barricades dans les rues. De la fumée s'échappait encore du bâtiment partiellement incendié de l'administration.

A Donetsk, plusieurs membres de la Croix-Rouge, dont un Suisse, ont été libérés par les miliciens pro-Russes en pleine nuit, après sept heures de détention, a fait savoir une représentante de l'organisation à Kiev. L'un des otages a été passé à tabac.

A Slaviansk, fief des séparatistes le plus lourdement défendu, des barricades ont aussi été dressées dans les rues à l'aide de pneus, de meubles ou encore de voitures et de ferraille.

Merkel et Hollande avertissent Moscou

Sur le plan diplomatique, François Hollande et Angela Merkel ont prévenu Moscou qu'ils tireraient les «conséquences appropriées» d'un échec de l'élection présidentielle prévue le 25 mai en Ukraine.

Le président français et la chancelière allemande se sont dits prêts à prendre de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie. «Nous avons des relations avec Vladimir Poutine et nous les utilisons pour qu'il puisse bien prendre en considération l'enjeu de ces prochaines semaines en Ukraine», a expliqué M. Hollande lors d'une conférence de presse en Allemagne avec la chancelière.

Sens de la question

Dans les régions de Donetsk et Louhansk, qui ont proclamé une «République populaire de Donetsk», les préparatifs se poursuivent pour le référendum de dimanche.

Mais on s'interroge sur le sens exact de la question à laquelle devront répondre les électeurs : «Soutenez-vous la proclamation d'autodétermination de la République populaire de Donetsk ?»

Certains estiment que voter «oui» revient à réclamer davantage de pouvoir au niveau local; d'autres considèrent que c'est voter pour une large autonomie au sein de l'Ukraine, d'autres encore qu'il s'agit d'un vote pour l'indépendance ou pour un rattachement à la Russie, comme ce fut le cas récemment en Crimée.

Le maire rebelle de Slaviansk Viatcheslav Ponomariov s'attend à un taux de participation de 100%. Il a déjà posé ses conditions à des négociations avec le pouvoir central de Kiev: le retrait des forces ukrainiennes et un échange de prisonniers. «Nous ne serons prêts pour des discussions qu'après réalisation de ces conditions», a-t-il déclaré. (ats)

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