Nucléaire nord-coréen: Kim Jong-un n'a pas abandonné ses ambitions
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Nucléaire nord-coréenKim Jong-un n'a pas abandonné ses ambitions

La fin des essais nucléaires ne marque qu'une étape dans le long processus de dénucléarisation de la péninsule.

Kim Jong-un avait annoncé dès le début de l'année le parachèvement de sa force nucléaire.

Kim Jong-un avait annoncé dès le début de l'année le parachèvement de sa force nucléaire.

AFP

Kim Jong-un va-t-il abandonner son arsenal?

Pas le moins du monde: le dirigeant nord-coréen a très clairement fait savoir que l'arme atomique était «la ferme garantie que nos descendants pourront jouir de la vie la plus digne et heureuse du monde». Pyongyang s'est également réservé le droit de l'utiliser en cas de «menaces nucléaires et de provocations nucléaires» à son encontre. «Je ne vois pas en quoi la déclaration nord-coréenne constitue un pas vers la dénucléarisation», souligne Christopher Green, du centre d'analyse des conflits International Crisis Group, y voyant davantage «un moratoire sur les essais».

A quel moment survient cette annonce?

A moins d'une semaine d'un sommet inter-coréen, et avant une rencontre historique qui devrait avoir lieu entre Kim Jong-un et le président américain Donald Trump, en principe début juin. Elle intervient également quelques mois après l'offensive de charme de la Corée du Nord aux Jeux Olympiques de Pyeongchang, à l'origine d'un rapprochement diplomatique entre les deux Corées.

Kim Jong-un avait annoncé dès le début de l'année le parachèvement de sa force nucléaire. La Corée du Nord semble estimer que les progrès technologiques qu'elle a réalisés en 2017 la place en position de force pour négocier. Les analystes estiment toutefois que le dirigeant nord-coréen a été ébranlé par la rhétorique belliqueuse de l'administration Trump, tandis que les sanctions ont un impact croissant sur l'économie nord-coréenne, selon des diplomates.

Réclamée depuis longtemps par Washington, l'annonce de la fin des essais sera perçue comme une marque de confiance. La Corée du Nord est «désireuse de faire en sorte que le sommet ait lieu et, s'il échoue, de montrer qu'elle peut être raisonnable», estime Jon Wolfsthal, directeur du Nuclear Crisis Group.

Peut-on s'attendre à un accord?

Donald Trump a prévenu qu'il annulerait le sommet prévu avec Kim Jong-un s'il était peu probable qu'il s'avère «fructueux». Mais ce à quoi pourrait ressembler un accord final sur le programme nucléaire de Pyongyang, et ce qui sera exigé comme garanties, reste encore très flou. D'autant que les précédents événements - déclarations de moratoire, négociations et accords - ont fini par échouer tôt ou tard.

Que signifie la fermeture du site d'essai nucléaire de Punggye-ri (nord-est)?

Les essais nucléaires nord-coréens ont tous, sauf un, été menés sur ce site, sous le Mont Mantap. Sa fermeture annoncée n'exclut pas l'utilisation d'autres sites, ni même des essais dans l'atmosphère, explique un expert du MIT, Vipin Narang. Mais l'intention affichée de «garantir de manière transparente» la fin des tests est particulièrement significative, souligne David Albright, un expert de l'Institute for Science and International Security. «La transparence, si elle est sincère, constitue une concession déterminante».

A quoi ressemble l'arsenal nord-coréen?

Les spécialistes estiment l'énergie dégagée lors du dernier essai nucléaire nord-coréen, en septembre 2017, à 250 kilotonnes, soit seize fois celle de la bombe qui a rasé Hiroshima en 1945. En 2016, Séoul estimait que son voisin disposait de suffisamment de plutonium pour fabriquer dix bombes atomiques. Restent des interrogations sur les capacités du régime nord-coréen en matière de ciblage, de miniaturisation de tête nucléaire ou de rentrée dans l'atmosphère des missiles, trois domaines que la Corée du Nord prétend maîtriser. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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