Actualisé 24.12.2011 à 08:27

Corée du Nord

Kim Jong-Un prend du galon dans l'armée

Le journal du parti communiste nord-coréen a appelé Kim Jong-Un «commandant suprême» de l'armée, indiquant un renforcement du pouvoir du successeur de Kim Jong-Il décédé.

L'organe officiel du régime communiste a appelé l'héritier Kim Jong-Un «commandant suprême» de l'armée, renforçant le processus de succession en Corée Nord, cinq jours après l'annonce de la mort de l'ex-dirigeant Kim Jong-Il.

«Nous allons élever le camarade Kim Jong-Un au rang de commandant suprême et général et achèverons la révolution», a expliqué samedi le Rodong Sinmun, l'organe officiel du pouvoir nord-coréen, dans son éditorial.

Kim Jong-Un, désigné lundi nouveau dirigeant de la Corée du Nord sitôt annoncée la mort de son père, l'ex-numéro un Kim Jong-Il, était jusqu'à présent appelé «grand successeur» et «grand camarade».

Promotions en septembre 2010

Agé de moins de 30 ans, Kim Jong-Un est actuellement général quatre étoiles et vice-président de la puissante Commission militaire centrale du Parti des Travailleurs - nom du parti communiste au pouvoir -, des promotions obtenues en septembre 2010 dans le cadre du processus de succession lancé par son père.

Yang Moo-Jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes de Séoul, a expliqué que cet éditorial de la presse d'Etat avait «pour but de préparer la population à la nomination officielle de Jong-Un comme commandant suprême et de l'annoncer au monde extérieur».

«La déclaration formelle de cette promotion arrivera tôt ou tard, ce qui lui octroiera le poste précédemment occupé par son père», Kim Jong-Il, qui l'avait lui même hérité de son père, le fondateur de la Corée du Nord communiste Kim Il-Sung, a poursuivi l'universitaire.

Transition du pouvoir

La transition du pouvoir aux mains du troisième représentant de la lignée Kim, première dynastie communiste du monde, semble se dérouler sans accroc majeur jusqu'à présent.

La télévision nord-coréenne continuait de diffuser des scènes de tristesse collective, montrant des foules de civils et militaires ravagés par le chagrin, s'inclinant devant des portraits et des statues du défunt, ou devant son corps placé dans un cercueil de verre d'un mausolée de Pyongyang.

Dans la capitale, les habitants ont pu acheter du poisson, aliment de luxe dans un pays appauvri où une frange importante de la population est mal nourrie, a rapporté le Rodong Sinmun qui a publié des photos de ménagères pleurant de joie devant des cuves remplies de ce mets exceptionnel.

Le quotidien a affirmé que cette livraison spéciale des autorités avait été décidée la veille de sa mort, samedi 17 décembre, par Kim Jong-Il, et que son fils Kim Jong-Un s'était occupé de faire livrer les poissons au peuple reconnaissant, toujours en deuil.

La période officielle d'hommages doit s'achever au lendemain des obsèques prévues le 28 décembre, auxquelles aucun représentant étranger ne pourra assister.

Les puissances régionales, notamment les Etats-Unis et la Chine, suivent toutefois avec attention l'évolution du régime nord-coréen doté de l'arme nucléaire, espérant une transition stable pour éviter toute déstabilisation de la péninsule coréenne surarmée.

Relations toujours tendues

Seules deux délégations sud-coréennes, non gouvernementales, devraient se rendre au Nord dans l'intervalle, constituées autour de la veuve de l'ancien président Kim Dae-Jung et de la présidente du groupe industriel sud-coréen Hyundai.

Les relations restent tendues entre la Corée du Nord communiste et son voisin capitaliste du Sud.

D'après un journal sud-coréen, Pyongyang a changé le cryptage de ses communications secrètes pour tromper l'espionnage sud-coréen, qui avait réussi à intercepter le premier ordre donné par Kim Jong-Un à l'armée avant même l'annonce officielle du décès paternel.

Prudente en cette période délicate, Séoul a fait quelques concessions depuis la mort de Kim Jong-Il, présentant notamment «ses condoléances au peuple de Corée du Nord».

Une association humanitaire basée à Séoul a expédié samedi 800 paires de chaussettes d'hiver vers le Nord, accrochées à de gros ballons aériens, évoquant un bien précieux pour de nombreux Nord-Coréens démunis face au grand froid. (afp)

Du poisson frais livré à Pyongyang

Les autorités nord-coréennes ont livré du poisson frais aux habitants de la capitale, Pyongyang, un mets exceptionnel dans un pays appauvri. Ce geste intervient au moment où le régime communiste organise la transition du pouvoir après la mort de son dirigeant Kim Jong-Il.

D'après le journal du Parti des Travailleurs, le «Rodong Sinmun», la remise de ce poisson avait été ordonnée par Kim Jong-Il lui-même la veille de sa mort, intervenue le samedi 17 décembre.

Le quotidien a ajouté que le dirigeant étant décédé, la livraison effective du poisson a été supervisée par son fils et successeur, Kim Jong-Un. Agé de moins de 30 ans, il est troisième représentant de la dynastie Kim, débutée par le fondateur de la Corée du Nord communiste, Kim Il-Sung.

«Les vendeurs et les citoyens ont éclaté en sanglots dans les magasins de la capitale vendredi», a raconté le journal qui a publié des photos de ménagères pleurant de joie devant des cuvettes remplies de poisson frais.

La Corée du Nord change le cryptage de ses communications secrètes

La Corée du Nord a changé les fréquences et le cryptage de ses communications secrètes pour tromper l'espionnage sud-coréen, qui avait réussi à intercepter le premier ordre donné par le nouveau dirigeant nord-coréen à son armée, a affirmé un journal sud-coréen samedi.

Les services de renseignements de Séoul peinent à rassembler des informations en provenance de Corée du Nord depuis ce changement, a expliqué le Dong-A Ilbo.

«L'armée nord-coréenne a apparemment changé les fréquences et son système de cryptage, de peur que l'armée sud-coréenne n'intercepte ses messages», a déclaré une source du renseignement militaire sud-coréen au quotidien.

La Corée du Nord communiste a annoncé officiellement lundi la mort du dirigeant communiste Kim Jong-Il, après avoir tenu secrète la nouvelle de son décès pendant deux jours. Les services de renseignements sud-coréens ont été pris de court par cette annonce, apparemment comme leurs homologues étrangers.

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