Corée du Nord – Kim Jong-un rejette l’offre de dialogue de Washington
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Corée du NordKim Jong-un rejette l’offre de dialogue de Washington

Le gouvernement Biden a dit à plusieurs reprises être disposé à rencontrer des responsables nord-coréens dans le cadre de ses efforts de dénucléarisation.

Le leader nord-coréen Jong-un, le 9 septembre 2021 à Pyongyang lors d’une parade militaire.

Le leader nord-coréen Jong-un, le 9 septembre 2021 à Pyongyang lors d’une parade militaire.

AFP

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a rejeté l’offre de dialogue des États-Unis, accusant le président Joe Biden de poursuivre les «actes hostiles» de ses prédécesseurs, ce qu’a aussitôt nié Washington.

«Notre politique vise une approche graduelle et pratique pour une diplomatie sérieuse et durable avec la Corée du Nord», a assuré mercredi un porte-parole du Département d’État américain, réitérant n’avoir «aucune intention hostile» envers Pyongyang. «Les États-Unis sont prêts à rencontrer des responsables nord-coréens sans conditions préalables. Nous espérons que la Corée du Nord répondra de façon positive à notre offre», a-t-il ajouté. Cette proposition avait déjà été formulée à plusieurs reprises par le gouvernement Biden.

Ces déclarations interviennent après que Kim Jong-un eut qualifié l’offre répétée de dialogue des États-Unis de «façade pour masquer leur fourberie et leurs actes hostiles, et une poursuite de la politique hostile des précédentes administrations» lors d’un discours-fleuve devant l’Assemblée suprême du peuple, le «parlement» nord-coréen, a rapporté jeudi l’agence officielle KCNA.

«Depuis l’avènement de la nouvelle administration américaine, la menace militaire des États-Unis et leur politique hostile à notre encontre n’ont pas changé du tout, elles sont devenues plus trompeuses», a poursuivi Kim Jong-un, selon des propos rapportés par le quotidien officiel «Rodong Sinmun». Depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, Pyongyang s’était plutôt montré attentiste.

Appel au «respect mutuel»

Kim Jong-un a par ailleurs jugé prématuré le récent appel du président sud-coréen Moon Jae-in à mettre officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953) qui s’était achevée par une trêve et non par un traité de paix, laissant les deux parties techniquement en guerre depuis. Un tel acte ne pourra avoir lieu que lorsque «le respect mutuel sera garanti et les opinions injustes et les deux poids, deux mesures abandonnés», a averti le leader nord-coréen.

Les pourparlers entre Washington et Pyongyang sont dans l’impasse depuis l’échec du sommet de 2019 à Hanoï entre Kim Jong-un et le président américain de l’époque Donald Trump. Depuis l’arrivée de Kim Jong-un au pouvoir, les programmes d’armement ont progressé, Pyongyang les justifiant par la nécessité de se protéger contre une éventuelle invasion américaine.

La Corée du Nord n’a procédé à aucun essai nucléaire ou tir de missile balistique intercontinental depuis 2017. Mais elle a affirmé cette semaine avoir testé un missile planeur hypersonique ce qui, si la véracité de l’information est confirmée, constituerait une avancée technologique majeure. Les missiles hypersoniques sont beaucoup plus rapides que les missiles balistiques ou de croisière classiques. Ils sont aussi beaucoup plus difficiles à détecter et à intercepter par les systèmes de défense antimissile.

Maintenir la paix avec le Sud

Le discours de Kim Jong-un montre que Pyongyang entend poursuivre sa politique en matière d’armement à moins que Washington ne change de cap, a analysé Hong Min, chercheur à l’Institut coréen pour l’unification nationale à Séoul. «Il est arrivé à la conclusion qu’il n’a pas d’autre choix que d’avoir une vision à long terme de sa manière d’aborder le problème avec les États-Unis, ce qui signifie poursuivre sa politique en matière d’armements stratégiques tout en maintenant une paix durable avec le Sud.»

Le Conseil de sécurité de l’ONU prévoit de se réunir d’urgence jeudi sur la Corée du Nord, à la demande des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, selon des sources diplomatiques. Cette session se tiendra en principe dans la matinée et à huis clos, a précisé à l’AFP l’une de ces sources, sans indiquer si elle pourrait donner lieu à l’adoption d’une déclaration commune du Conseil de sécurité.

Cette demande trilatérale de Washington, Paris et Londres est la première marque d’unité de ces trois capitales depuis la crise qui a opposé la France aux États-Unis et au Royaume-Uni dans l’affaire des sous-marins australiens. C’est aussi la première fois depuis très longtemps que les États-Unis prennent l’initiative d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur la Corée du Nord.

La sœur de Kim Jong-un obtient un poste haut placé

Kim Yo-jong, conseillère très proche de son frère Kim Jong-un, a été promue membre de la Commission des affaires de l’État, dans le cadre d’une série de changements approuvés par l’Assemblée populaire suprême, le parlement servant de chambre d’enregistrement de l’exécutif.

Pas moins de neuf membres de la commission ont été démis de leurs fonctions, dont un vice-président, Pak Pong-ju et la diplomate Choe Son-hui, une des rares femmes à occuper un poste élevé dans la hiérarchie de la Corée du Nord, et qui a joué un rôle clé dans les négociations avec les États-Unis.

Le journal officiel «Rodong Sinmun» a publié jeudi des portraits des huit nouveaux membres, Kim Yo-jong sortant du lot en tant que seule femme et de par sa jeunesse. Le rang officiel de la jeune femme de 34 ans a fluctué dans le temps, mais son nouveau poste au sein de la Commission des affaires de l’État est de loin le plus haut placé.

(AFP)

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