Actualisé 07.07.2016 à 02:01

ArgentineKirchner dénonce des «accusations ridicules»

L'ex-présidente argentine est inculpée pour préjudice à l'Etat après une opération de spéculation sur les taux de change menée par la Banque centrale sous son mandat.

Cristina Kirchner arrive à la cour fédérale de Buenos Aires. (Mercredi 6 juillet 2016)

Cristina Kirchner arrive à la cour fédérale de Buenos Aires. (Mercredi 6 juillet 2016)

photo: Keystone

L'ancienne présidente argentine Cristina Kirchner (2007-2015) a dénoncé mercredi 6 juillet les «accusations ridicules» d'un juge fédéral qui lui a notifié son inculpation pour préjudice à l'Etat après une opération de spéculation sur les taux de change menée par la Banque centrale sous son mandat.

Sous les acclamations de centaines de ses partisans, l'ex-présidente de gauche est arrivée au palais de justice à Buenos Aires pour se présenter devant le juge Claudio Bonadio.

«Il est évident qu'il s'agit d'un harcèlement de ce que j'appelle "le Parti judiciaire" et ses accusations ridicules», a déclaré à la presse Cristina Kirchner, 63 ans, dénonçant l'«usage politique» de ce dossier judiciaire.

Gel d'actifs

Ces poursuites s'accompagnent du gel d'actifs de Cristina Kirchner pour une valeur de 15 millions de pesos (un million de dollars), une semaine après des perquisitions dans plusieurs propriétés de l'ancienne chef de l'Etat, dans une autre affaire, de blanchiment d'argent présumé.

Lors d'une précédente audition, le 13 mai, le juge Bonadio avait considéré «évident que la présidente de l'époque avait donné des instructions - sans doute élaborées de façon conjointe - à son ministre de l'Economie pour que cette opération financière soit menée».

Il accuse Cristina Kirchner, son ministre de l'Economie de 2013 à 2015 Axel Kiciloff et l'ex-président de la Banque centrale Alejandro Vanoli d'avoir fait perdre de l'argent à l'Argentine avec des prises de position baissières sur les marchés à terme, en anticipation d'une dévaluation prévisible du peso, peu de temps avant l'élection du nouveau président de centre droit Mauricio Macri.

Cristina Kirchner se dit «persécutée»

L'ex-présidente se dit «persécutée» alors que les dossiers judiciaires se multiplient ces derniers mois.

Son ancien secrétaire aux Travaux publics, José Lopez, a ainsi été inculpé pour enrichissement illicite: il avait fait scandale mi-juin lorsqu'il avait été arrêté alors qu'il cachait neuf millions de dollars dans un monastère.

Mercredi, un autre ancien ministre, Julio de Vido, en charge de la Planification pendant 12 ans, a comparu devant la justice pour détournement présumé de fonds publics, de même que l'homme d'affaires Lazaro Baez, un proche du clan Kirchner accusé de blanchiment d'argent.

Le nouveau président Mauricio Macri, dont le nom est apparu dans le vaste scandale des «Panama Papers», n'échappe pas non plus à la justice: la semaine dernière, un juge fédéral a ordonné une enquête sur de possibles contradictions dans ses déclarations de patrimoine. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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