Argentine: Kirchner face au juge, ses partisans dans la rue
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ArgentineKirchner face au juge, ses partisans dans la rue

L'ex-présidente va être entendue dans le cadre d'une opération financière controversée.

Cristina Kirchner, le 20 août 2015 à Buenos Aires (Argentine).

Cristina Kirchner, le 20 août 2015 à Buenos Aires (Argentine).

photo: AFP

Convocation politiquement motivée ou délit avéré? L'Argentine est partagée. L'ancienne présidente Cristina Kirchner se présente mercredi face à un juge, pendant que ses partisans seront mobilisés en masse devant le tribunal de Buenos Aires.

Cristina Kirchner, 63 ans, est convoquée dans le cadre du dossier des «dollars futurs», une opération controversée menée par la Banque centrale dans les derniers mois de son mandat.

Après le comité d'accueil composé de milliers de fidèles qui l'a accueillie lundi soir à son arrivée de Patagonie, la mobilisation de mercredi s'annonce importante et dissuasive.

Juan Antonio Rodriguez, un militant pro-Kirchner, a confié à un journaliste de l'AFP que «si la justice qui est avec Macri veut l'emprisonner, ils vont devoir placer en détention 49% des Argentins», en référence au score du candidat soutenu par Cristina Kirchner lors du second tour de l'élection présidentielle de novembre.

Un ex-ministre déjà entendu

Le gouvernement soutient qu'il n'y a pas d'ingérence du pouvoir dans la justice, et que les magistrats sont indépendants.

«On ne touche pas à Cristina. Si on touche à elle, il faudra en assumer les conséquences», ajoute-t-il en guise d'avertissement.

L'ancien ministre de l'Economie de 2013 à 2015, Axel Kicillof, et l'ancien président de la Banque centrale, Alejandro Vanoli, ont déjà été entendus par le juge Claudio Bonadio, un anti-Kirchner revendiqué. Durant sa présidence, Cristina Kirchner l'a publiquement critiqué et a cherché à le destituer.

Axel Kicillof a jugé «absurde» l'accusation du juge et assure que la Banque centrale a agi légalement, dans le cadre de sa mission de régulation.

Mauvaise gestion ou délit?

D'après le gouvernement actuel, qui était dans l'opposition à l'époque, l'opération a fait perdre des centaines de millions de dollars à la 3e économie d'Amérique latine.

En tant que député, l'ancien ministre jouit d'une immunité, contrairement à Cristina Kirchner, qui n'a plus aucun mandat depuis qu'elle a quitté le pouvoir en décembre, après deux mandats consécutifs.

L'ex-présidente a-t-elle commis un délit économique? «Ce sera difficile à prouver. Il y a peut-être eu une mauvaise gestion, mais certainement pas un délit», a déclaré à l'AFP un magistrat qui souhaite rester anonyme.

Que la mobilisation de mercredi «se déroule comme il se doit», a demandé Mauricio Macri, le président de centre-droit qui a succédé en décembre à Cristina Kirchner.

Détournements de fonds vers la Suisse

Alors que cette démonstration de force agace chez ses fidèles, il ne voit pas d'inconvénient à ce que des partisans «la soutiennent dans cette étape de sa vie politique».

«L'impunité, c'est terminé. Nous sommes tous égaux devant la loi», a martelé mercredi le nouveau président.

Outre la convocation de mercredi, une affaire explosive de détournements de fonds vers la Suisse en passant par des paradis fiscaux frappe des piliers du système Kirchner.

Samedi, l'ex-présidente a vu la justice s'intéresser à son rôle dans une affaire de corruption. Un procureur a demandé l'ouverture d'une enquête contre elle pour blanchiment d'argent.

Au départ, un comptable

Cristina Kirchner, comme son mari Nestor et leur ex-ministre de la Planification Julio De Vido, a été mise en cause par un prévenu, le comptable Leonardo Farina, dans un dossier de détournement de fonds vers des comptes en Suisse, dont le premier détenu de poids est l'homme d'affaires Lazaro Baez, qui s'est considérablement enrichi pendant les années Kirchner.

La députée de centre-gauche Margarita Stolbizer estime qu'il existe «de nombreux éléments pour la mettre en examen (...) dans plusieurs affaires».

«Toutes ces affaires désignent tantôt l'ancienne cheffe de l'Etat, tantôt Baez», selon elle.

Bien qu'étant un opposant de Cristina Kirchner, le député du Front rénovateur (centre-droit) Felipe Sola a critiqué pour sa part «la judiciarisation des questions politiques». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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