Actualisé 27.01.2020 à 07:24

Basket

Kobe Bryant, étoile filante de la NBA

Il avait rejoint dans la légende de la NBA ses idoles Magic Johnson et Michael Jordan. En vingt saisons sous le maillot des Los Angeles Lakers, Kobe Bryant n'a eu qu'une obsession: gagner.

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Sport-Center/AFP/nxp
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En attendant le retour au jeu des Lakers vendredi contre Portland, l'émotion a été une première fois très vive au Staples Center où les Clippers, battus par Sacramento (124-103), ont honoré la mémoire de la légende du basket jeudi.

En attendant le retour au jeu des Lakers vendredi contre Portland, l'émotion a été une première fois très vive au Staples Center où les Clippers, battus par Sacramento (124-103), ont honoré la mémoire de la légende du basket jeudi.

Kelvin kuo
Le Palladium Theater sur Sunset Boulevard à Hollywood affiche son deuil sur sa devanture.

Le Palladium Theater sur Sunset Boulevard à Hollywood affiche son deuil sur sa devanture.

AFP/Frederic J. Brown
Après l'annulation derby de Los Angeles entre les LA Clippers et Lakers, ces derniers ont repris l'entrainement jeudi. Des joueurs stars comme LeBron James et Quinn Cook étaient sur le parquet mais sont restés à l'écart des médias.

Après l'annulation derby de Los Angeles entre les LA Clippers et Lakers, ces derniers ont repris l'entrainement jeudi. Des joueurs stars comme LeBron James et Quinn Cook étaient sur le parquet mais sont restés à l'écart des médias.

Damian Dovarganes

Quintuple champion NBA, meilleur joueur de la saison régulière 2008, un des sept joueurs à avoir inscrit plus de 30'000 points durant sa carrière, c'est incontestablement en vainqueur qu'il avait pris sa retraite, un soir d'avril 2016, en marquant pour ses adieux 60 points au terme d'un match ébouriffant. Quelques mois plus tôt, au moment d'annoncer la fin de sa carrière, le 4e meilleur marqueur de l'histoire de la NBA - il a été dépassé samedi soir par LeBron James - avait assuré «être prêt à laisser filer le basket».

Pourtant, reconverti dans la production de documentaires (il a reçu l'Oscar du meilleur court métrage d'animation en 2018), il n'hésitait pas à revenir de temps à autre au Staples Center, la salle des Lakers, comme ce soir de novembre 2019 où LeBron James, encore lui, avait étincelé devant ses yeux. Autant qu'une mégastar du sport mondial, c'est une énigme qui s'en est allée dimanche à Calabasas, près de Los Angeles.

Enfant, il se croyait «la honte de sa famille». Comme beaucoup de «fils de», il a souffert de la comparaison avec son père, Joe Bryant, qui lui a donné ce prénom insolite, en le choisissant, selon la légende, sur le menu d'un restaurant japonais, et qui a joué huit saisons en NBA entre 1975 et 1983, avant de gagner sa vie dans le Championnat italien.

Bourreau de travail

De ses huit années en Italie, Bryant junior a gardé un amour immodéré pour le football, une solide maîtrise de l'italien, ainsi que des bases techniques et des fondamentaux tactiques, rares chez les joueurs américains, qui le mèneront au plus haut. Mais à son retour aux Etats-Unis, en 1992, l'adolescent filiforme, affublé du maillot de son idole Magic Johnson, peine à jouer même quelques minutes par match dans l'équipe du lycée de Lower Merion, à Philadelphie.

Après quatre années de travail acharné, il est la star de son lycée. Plutôt que de rejoindre l'une des prestigieuses universités qui le courtisent, il saute directement le pas de la NBA: à la Draft 1996, il est choisi en 13e position à 17 ans par Charlotte qui, pour son plus grand malheur, le cède aussitôt aux Lakers.

La NBA et la planète basket sont en pleine «Jordan-mania»: la star des Chicago Bulls a depuis quelques années remplacé Magic Johnson dans le Panthéon personnel de Bryant. Il décortique ses matches, adopte ses mimiques et s'inspire de son jeu aérien et physique. «Son obsession pour Michael était manifeste», a reconnu Phil Jackson, l'entraîneur qui a remporté six titres NBA avec Jordan à Chicago, puis cinq avec Bryant à la tête des Lakers.

«Je te botte les fesses»

Pendant que Jordan vit les dernières années de son règne, Bryant commence à se faire un nom et se présente, par son style spectaculaire, son aplomb, voire son insolence, comme son successeur naturel. Jackson a organisé en 1999 une rencontre entre les deux joueurs en espérant que Bryant, feu follet parfois incontrôlable, s'inspire de la sagesse et de l'altruisme de Jordan, désormais retraité. «La première chose qu'il lui a dite, c'est Si on fait un un-contre-un, je te botte les fesses », a rappelé, encore interdit, Jackson dans son autobiographie.

L'ère Kobe Bryant est sur le point de commencer: associé à Shaquille O'Neal, il domine la NBA pendant trois saisons consécutives, de 2000 à 2002. Bryant est un bourreau de travail sans équivalent: longues séances de shoots, jusque tard le soir, après les entraînements officiels, analyse des écrits d'entraîneurs américains et européens, et séances de préparation physique à rallonge. On le dit monomaniaque, ce qui lui vaut de se brouiller avec certains coéquipiers dont O'Neal qui préfère partir en 2004 à Miami.

«Cher basket»

En 2003, celui qui est surnommé «le Black Mamba» en raison de son sang froid, vit la période la plus sombre de sa carrière, qui écornera son image à jamais: il est accusé de viol par une employée d'un luxueux complexe hôtelier d'Edwards (Colorado) où il séjournait, en convalescence, après une arthroscopie d'un genou. Devant la justice, il reconnaît avoir eu une relation sexuelle avec la jeune femme de 19 ans qui était, selon lui, consentante. Le procès est finalement annulé après le refus de témoigner de sa victime, avec qui il a trouvé un accord loin des tribunaux.

Devenu le joueur de basket le plus connu et le mieux payé de la planète, Bryant écrit sa légende avec ses 81 points marqués en 2006 contre Toronto, ses cinq titres NBA, ses deux sacres olympiques, ses 18 participations au All Star Game, plus de 33'000 points marqués et une flopée de record. Mais sa fin de règne est douloureuse, avec des blessures graves à répétition, des Lakers en pleine déroute et des statistiques personnelles en berne.

Jusqu'au 29 novembre 2015 où dans un poème adressé à son «cher basket», il reconnaît que «(son) corps sait que l'heure de dire au revoir est arrivée». Quatre ans plus tard, le coeur de millions de fans a trouvé une nouvelle raison d'affirmer le contraire.

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