Actualisé 07.07.2012 à 18:11

Syrie

Kofi Annan reconnaît l'échec de sa mission

L'émissaire spécial des Nations Unies estime qu'il n'a pas réussi à résoudre le conflit de manière pacifique. Il veut désormais associer l'Iran à ses efforts. Sur le terrain, le conflit déborde au Liban.

Le conflit a fait plus de 17'000 morts depuis le début de la révolte

Le conflit a fait plus de 17'000 morts depuis le début de la révolte

Dans un entretien accordé au quotidien français «Le Monde», l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, auteur d'un plan de sortie de crise en Syrie resté lettre morte, reconnaît qu'il n'a «pas réussi» sa mission et plaide pour associer l'Iran aux discussions.

«Cette crise se poursuit depuis seize mois, mais j'ai commencé à être impliqué il y a trois mois. Des efforts importants ont été déployés pour essayer de résoudre cette situation de manière pacifique et politique. A l'évidence, nous n'avons pas réussi. Et peut-être n'y a-t-il aucune garantie que nous allons réussir», a reconnu Kofi Annan.

Cet entretien a été publié au lendemain de la réunion à Paris des Amis du peuple syrien, au cours de laquelle plus de 100 pays arabes et occidentaux ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution contraignante comportant une menace de sanctions contre Damas.

L'ancien secrétaire général des Nations unies a évoqué l'importance du rôle de la Russie, proche du régime de Damas, mais qui bloque jusqu'à présent toute action internationale résolue contre le pouvoir de Bachar al-Assad.

«L'Iran est un acteur»

«La Russie a de l'influence, mais je ne suis pas certain que les événements seront déterminés par la Russie seule (...). L'Iran est un acteur. Il devrait faire partie de la solution. Il a de l'influence et nous ne pouvons pas l'ignorer», a encore estimé M. Annan.

Américains et Européens se sont opposés à ce que l'Iran, allié du régime de Damas, soit invité à la récente conférence ministérielle de Genève sur la Syrie. Un conflit oppose Téhéran aux Occidentaux au sujet du programme nucléaire iranien.

Le conflit déborde au Liban

Le conflit syrien a débordé samedi sur le nord du Liban. Les forces gouvernementales de Bachar al-Assad ont bombardé plusieurs villages, alors que des rebelles syriens franchissaient la frontière pour se mettre à l'abri. Il s'agit de l'incident le plus violent survenu au Liban depuis le début de la révolte en Syrie.

Ces combats ont fait deux morts, dont une adolescente de seize ans et une fillette de huit ans. Dix personnes auraient également été blessées lors des ces accrochages, selon des sources de sécurité et hospitalières.

Obus de mortier et explosions

Selon des habitants de la région de Wadi Khaled (nord du Liban), des obus de mortier ont commencé à s'abattre durant la nuit de vendredi à samedi sur des fermes situées près de la frontière. De nouvelles explosions ont ensuite été signalées durant la journée de samedi.

A l'inverse de la Turquie, qui accueille ouvertement des insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL), le Liban se tient à distance du conflit et a minimisé les précédents incidents qui se sont produits sur son territoire. Samedi, le président libanais Michel Sleimane a toutefois déploré ces décès et promis une enquête.

Les insurgés se servent du nord du Liban comme d'une base arrière et, à plusieurs reprises, les forces de Bachar al-Assad ont bombardé des villages libanais et même franchi la frontière à la poursuite de rebelles.

De nouvelles violences en Syrie

Sur le terrain en Syrie, les violences se sont également poursuivies. L'armée a bombardé samedi plusieurs localités de la province d'Alep (nord). D'après l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), cette offensive coordonnée vise à déloger les insurgés qui contrôlent plusieurs secteurs de la province.

Selon l'OSDH, il s'agit des bombardements les plus lourds depuis le début des opérations militaires dans les zones rurales de la province d'Alep. Basé en Grande-Bretagne, mais s'appuyant sur un réseau de sources en Syrie, l'Observatoire fait état de trois morts, dont deux insurgés.

Pour l'ensemble du pays, l'OSDH estime à 93 morts le bilan des combats dans la seule journée de vendredi et à 60 décès celui de samedi.

Plus de 17'000 morts

Plus de 17'000 personnes, dont 11'815 civils, ont été tuées dans les violences en Syrie depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011, a rapporté samedi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). (ats/afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!